Purge anti-corruption en Arabie saoudite : un prince libéré après avoir payé un milliard de dollars

- Avec AFP

Purge anti-corruption en Arabie saoudite : un prince libéré après avoir payé un milliard de dollars© Philippe Wojazer Source: Reuters
Le prince Metab ben Abdallah

Arrêté début novembre dans le cadre de la vaste opération anti-corruption menée en Arabie saoudite, le prince Metab ben Abdallah – ancien chef de la puissante Garde nationale – a été libéré après avoir payé un milliard de dollars aux autorités.

Les autorités saoudiennes ont libéré le prince Metab ben Abdallah, fils du défunt roi Abdallah, arrêté début novembre dans le cadre d'une vaste purge anti-corruption, selon une source proche du gouvernement citée par l'AFP. Il a été libéré après avoir payé plus d'un milliard de dollars dans le cadre d'un «accord transactionnel» avec les autorités, précise l'agence Bloomberg News.

Agé de 64 ans, Metab ben Abdallah avait été un temps considéré comme prétendant au trône. Avant son arrestation, il avait été limogé du poste de chef de la puissante Garde nationale saoudienne. Selon Reuters, Metab ben Abdallaha était notamment accusé de détournement de fonds, ou encore  d'avoir octroyé à ses propres entreprises un contrat de dix milliards de dollars pour des talkies-walkies et des vestes pare-balles.

Certains analystes ont cependant vu dans la destitution de Metab ben Abdallah une tentative du prince héritier Mohammed ben Salmane, qui est également ministre de la Défense, de consolider son emprise sur le pouvoir et son contrôle sur les services de sécurité. Les autorités saoudiennes affirment pour leur part que la purge visait uniquement à s'attaquer à la corruption endémique, alors que le royaume cherche à diversifier son économie, trop dépendante du pétrole.

Metab ben Abdallah a été arrêté début novembre à l'instar de dizaines de princes, de ministres, d'anciens ministres et d'hommes d'affaires lors d'une opération anti-corruption sans précédent dans ce royaume ultraconservateur.

Au total, plus de 200 personnalités influentes avaient été appréhendées après la mise en place d'une commission anticorruption présidée par le nouvel homme fort de l'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane. Dans un entretien au New York Timespublié le 23 novembre, ce dernier a déclaré que 95% des personnes détenues avaient accepté un «règlement» ou la restitution au Trésor saoudien d'avoirs ou d'argent liquide mal acquis, dans le cadre de négociations.

Le Procureur général d'Arabie saoudite estime que, depuis plusieurs décennies, au moins 100 milliards de dollars ont été détournés ou utilisés à des fins de corruption dans le royaume.

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