Athènes ravagée par les inondations, une catastrophe annoncée ? (IMAGES)

Athènes ravagée par les inondations, une catastrophe annoncée ? (IMAGES)© Dimitris Lambropoulos Source: AFP
Un homme aide une femme à évacuer dans le quartier inondé de Mandra dans le nord-ouest d'Athènes.

Des pluies diluviennes accompagnées de torrents de boue ont ravagé plusieurs localités au nord-ouest d'Athènes, désormais noyées sous les eaux. 15 morts sont à déplorer, le Premier ministre Alexis Tsipras a décrété un deuil national.

La Grèce observe ce 16 novembre une journée de deuil national décrétée par le Premier ministre Alexis Tsipras, après des inondations responsables de la mort d'au moins 15 personnes près d'Athènes, un désastre présenté comme une «catastrophe annoncée» par les médias et de nombreux scientifiques.

Camion à moitié noyé dans une boue brunâtre, amas de voitures cabossées au pied d'arbres tordus, débris en tout genre encombrant les rues... Les dégâts causés par les pluies torrentielles de ces derniers jours sont considérables, comme on peut le voir sur ces images relayées sur Twitter. 

Les localités touchées ont été placées en état d'urgence, et près de 200 pompiers ont été dépêchés sur la zone. Leurs quartiers généraux ont précisé avoir reçu plus de 600 appels à l'aide. 

Selon le service des pompiers, cinq personnes restaient portées disparues et 12 personnes étaient blessées, 24 heures après le déferlement d'un torrent de boue dans les localités de Nea Peramos, Mandra et Megara, à 50 kilomètres à l'ouest d’Athènes. 

Dévalant des pentes proches, à la suite de violentes pluies dans la nuit du 14 au 15 novembre, ces torrents de boue ont envahi les trois localités, emportant tout sur leur passage.

Les autorités, inquiètes, demeurent sur le qui-vive, d'autant plus qu'un nouvel épisode de fortes pluies est prévu sur toute la région de la capitale, au moins jusqu'au week-end.

Une catastrophe «non naturelle» et prévisible ?

«Vengeance meurtrière de la nature», «torrent de responsabilités», «catastrophe non naturelle» : les quotidiens ont mis en cause au lendemain de la catastrophe l'irrespect des règles d'aménagement du territoire, chronique en Grèce depuis des décennies.

Les experts se sont pour leur part engouffrés dans le débat sur les causes du désastre pour tenter de provoquer un sursaut officiel. Pour le géologue Dimitris Papanikolaou, «le désastre était annoncé», les aménagements urbains dans la zone ayant bouché l'écoulement naturel des eaux, au mépris des impératifs environnementaux. «A l'université, nous avions fait de Mandra un cas d'école pour les risques d'inondation», a indiqué ce géologue à l'agence de presse grecque Ana, dénonçant une «intervention humaine caractérisée par une ignorance et indifférence criminelle». 

L'environnementaliste Mihalis Petrakis a également mis en cause la déforestation des sommets entourant Athènes, au fil d'incendies estivaux, eux-mêmes souvent imputés à la spéculation immobilière sauvage. Il a souligné le risque de répétition de tels drames au vu des conséquences météorologiques du réchauffement climatique. 

Selon le groupe audiovisuel public grec ERT, la vulnérabilité d'Athènes et sa région aux inondations a déjà été attestée par plusieurs désastres, le plus meurtrier ayant fait 40 morts en 1961. La dernier drame de ce type remonte à 1994, quand neuf personnes avaient trouvé la mort dans un quartier proche du front de mer athénien, faute à l'époque d’aménagement et d'entretien de la rivière Kifissos le traversant. 

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