Le gouvernement yéménite en exil est rentré à Aden malgré la poursuite des combats

La ville d'Aden© Stringer Shanghai Source: Reuters
La ville d'Aden

Les ministres yéménites sont rentrés à Aden après leur exil en Arabie saoudite. Même si le gouvernement avait affirmé le 17 juillet que la ville avait été libérée, la situation de la ville portuaire reste précaire.

«Nous sommes arrivés la nuit dernière», a déclaré le ministre de l'intérieur Abdo al-Huzeifi à l’AFP. Il était accompagné par le ministre des transports et de plusieurs responsables de la sécurité qui s’étaient réfugiés avec lui en Arabie saoudite. Selon un responsable saoudien, les politiciens yéménites ont pris l’avion jusqu'en Erythrée avant d’embarquer sur un navire qui a mis le cap sur Aden.

Vendredi, le gouvernement yéménite en exil avait annoncé que les Houthis avaient quitté Aden. Mais des combats ont toujours lieu la ville et le fait que les loyalistes bénéficient de l’appui aérien de la coalition arabe ne fait qu’accroître le nombre des victimes, de nombreux civils périssent en effet dans les bombardements. Selon une source militaire, la coalition arabe qui a mené depuis samedi soir une quinzaine de raids contre des positions rebelles à Tawahi ainsi que dans les banlieues nord et est d'Aden.

En savoir plus : Aden est «libérée» affirme le Premier ministre du Yémen depuis son exil à Riyad

Le fait que le gouvernement ait regagné la ville que les ministres avaient fui après l’arrivée des rebelles houthistes suscite l'espoir d'une normalisation chez les habitants même si la plupart restent désespérés. «Rien n'a changé, il n'y a ni vivres, ni hôpitaux, ni électricité, ni eau. Sans les deux puits du quartier, les gens seraient morts de soif», a confié à l’AFP Moatez al-Maysouri, un habitant du quartier de Crater.

De son côté, l’ONU a annoncé que la trêve humanitaire décrétée le 10 juillet n’avait jamais été réalisée et les Houthis accusent les Nations unies d’inactivité. Un porte-parole des rebelles, Mohamed Abdessalam, a fait savoir dans un communiqué que l'ONU était «consciemment ou inconsciemment» responsable de la poursuite du conflit pour n'avoir pas imposé le respect de la trêve.

Au Yémen, le conflit armé dure depuis le mois de mars dernier lorsque la coalition menée par l’Arabie saoudite a lancé une campagne aérienne contre les Houthis. Comme dans la plupart des conflits, la partie la plus vulnérable de la nation, les civils, souffre le plus. Des estimations de l’ONU révèlent que plus de 3 200 personnes sont décédés depuis le début des hostilités, dont la moitié sont des civils.

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