Yémen : au moins 14 morts dont des enfants dans un bombardement attribué à la coalition saoudienne

Yémen : au moins 14 morts dont des enfants dans un bombardement attribué à la coalition saoudienne© Mohammed HUWAIS Source: AFP
Homme montrant des décombres après le bombardement du 25 août sur Sanaa.

Un bombardement a détruit au moins deux bâtiments dans le quartier de Faj Attan à Sanaa au Yémen, faisant une quinzaine de morts dont plusieurs enfants. L'ONU a de nouveau appelé les belligérants à éviter les cibles civiles dans ce pays en guerre.

Le quartier Faj Attan de Sanaa, la capitale du Yémen sous contrôle des rebelles chiites houthis, a été la cible d'un raid aérien meurtrier dans la nuit du 24 au 25 août. Au moins 12 personnes dont des enfants ont perdu la vie, selon l'agence de presse Reuters bien que le bilan rapporté par la télévision d'Etat, dont les rebelles ont pris le contrôle, mentionne, lui, 14 morts. La plupart des personnes ont été victimes de l'effondrement d'un bâtiment de trois étages frappé par une roquette et qui en a entraîné un autre dans sa chute. Les rebelles chiites ont accusé la coalition arabe sous commandement saoudien d'être responsable de l'attaque. 

Le même jour, l'ONU a demandé la mise en place d'une enquête indépendante après qu'un raid mené par la coalition arabe sur un hôtel a causé la mort d'au moins 30 personnes, le 23 août. 

«Nous rappelons toutes les parties du conflit, dont la coalition, à leurs obligations d'assurer le respect entier des lois humanitaires internationales», a déclaré Liz Throssell, porte-parole de l'ONU pour les questions des droits de l'Homme. 58 civils auraient été tués entre le 21 et le 24 août, dont 42 par la coalition arabe sous commandement saoudien. Les autres ont été victimes des rebelles Houthis ou d'autres groupes armés inconnus, toujours selon la porte-parole. 

La guerre au Yémen oppose depuis 2014 les rebelles chiites houthis, alliés aux partisans de l'ancien président yéménite Ali Abdallah Saleh, aux forces du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, réfugié à Aden, dans le sud-ouest du pays, après être passé par l'Arabie saoudite. Ce dernier, chassé de la capitale yéménite, est soutenu par coalition arabe dirigée par Riyad, qui intervient militairement dans le pays depuis 2015.

Les bombardements, qui se sont fortement intensifiés en 2017, auraient fait près de 10 000 morts dans la région et 40 000 autres blessées, tandis que la guerre a provoqué le déplacement de près de trois millions de Yéménites. De nombreux groupes armés, dont certains d'inspiration djihadiste, sont par ailleurs actifs dans le pays. 

Pour ne rien arranger à la situation, une épidémie de choléra, d'une ampleur inégalée depuis celle d'Haïti en 2011, ravage le pays dont le seuil de 600 000 personnes contaminées sera bientôt atteint selon l'ONG Oxfam. D'après les Nations unies, 20,7 millions de Yéménites sur une population totale de 28 millions ont  besoin d'une aide humanitaire. 

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