Bagdad rappelle à Washington que la victoire de Mossoul est avant tout celle de l'armée irakienne

Bagdad rappelle à Washington que la victoire de Mossoul est avant tout celle de l'armée irakienne © Thaier Al-Sudani Source: Reuters
Des membres du service irakien de contre-terrorisme patrouillent dans Mossoul le 20 juillet

Le vice-président irakien Nouri al-Maliki a estimé que les Américains ne pouvaient prétendre s'arroger la victoire de Mossoul contre Daesh. Il a aussi dressé un parallèle entre l'émergence des taliban contre l'URSS et celle de Daesh contre Bagdad.

«[Les États-Unis] déclarent que la victoire [à Mossoul] est leur succès, [...] mais c'est la victoire de l'armée irakienne», a affirmé le 21 juillet le vice-président et ex-Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, au cours d'une interview fleuve accordée à l'agence russe de presse RIA Novosti.

Précisant que près de 20 000 militaires et policiers irakiens avaient été tués ou blessés durant la reconquête de la deuxième ville du pays, Nouri al-Maliki a ajouté : «Oui, [les Américains] nous ont soutenus avec leur aviation, mais la contribution principale revient aux soldats irakiens, aux milices populaires et à l'aviation des forces armées irakiennes.»

«[L'armée irakienne] a fait tout son possible pour ne pas détruire la ville plus que nécessaire dans les circonstances de la guerre», a-t-il assuré, avant de poursuivre : «Nous aurions pu encercler [Mossoul], mais ses habitants auraient souffert de la famine.» Selon le vice-président de la République d'Irak, des terroristes se cachent encore dans le pays ou ont fui en se mêlant aux réfugiés. 

«La victoire [contre Daesh] n'est pas encore définitive», a-t-il également rappelé au cours de l'entretien, expliquant que l'Etat islamique disposait encore de structures terroristes dans Mossoul et de cellules dormantes à travers l'Irak. Le haut responsable irakien a néanmoins estimé que l'organisation djihadiste ne se trouvait plus en capacité de conquérir des territoires. 

Le torchon brûle-t-il entre Washington et Bagdad ?

Au cours de l'interview à RIA Novosti, Nouri al-Maliki a accusé à mots couverts les Etats-Unis d'avoir contribué l'émergence de Daesh en Irak. «Il y a des ressemblances entre l'Etat islamique et les taliban, qui ont été créés par [les Etats-Unis] pour contrer l'URSS en Afghanistan», a-t-il ainsi assuré, soulignant : «De la même manière, Daesh a été créé pour contrer la position irakienne qui n'acceptait pas le blocus contre la Syrie et s'opposait aux zones d'exclusion aérienne [dans ce pays].»

Le vice-président irakien a ajouté que Washington cherchait désormais à établir des bases militaires sur le territoire irakien afin de maintenir son influence dans la région – ce à quoi le haut responsable gouvernemental s'oppose : «La société irakienne est contre les bases militaires étrangères sur le territoire du pays.»

La coalition internationale menée par les Etats-Unis a apporté un soutien aérien à l'armée irakienne lors de la reconquête de Mossoul. Cette campagne de bombardements a cependant été critiquée à de nombreuses reprises par des ONG de défense des droits de l'Homme en raison de l'utilisation par la coalition de bombes à phosphore blanc et d'un nombre très élevé de victimes civiles.

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