Alexis Tsipras rappelle la réduction de la dette allemande en 1953 dans un appel à la solidarité

Alexis Tsipras rappelle la réduction de la dette allemande en 1953 dans un appel à la solidarité Source: Reuters
Francois Lenoir
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Alexis Tsipras a eu du mal à défendre à Strasbourg l’idée que son pays et l’Union européenne puissent conclure un accord équitable. Il a même rappelé aux parlementaires que l'Allemagne avait été à genoux et bénéficié de la solidarité de l’UE.

Face à un assaut de critiques de la part de plusieurs membres de l’assemblée quant à son incapacité à faire des propositions «concrètes» aux créanciers et à mettre en place les réformes «nécessaires» il a choisi de parler d’entraide.

Il a rappelé au Parlement européen «dogmatique» à  propos de «l’incapacité» du gouvernement grec à faire preuve de solidarité avec ses partenaires européens que «le prêt est sans aucun doute une forme de solidarité».

Alors que les négociations sur l’avenir de la Grèce se poursuivent, Athènes a officiellement demandé un report d’échéance de trois ans au Mécanisme européen de stabilité (MES) et s’est engagé à des réformes rapides, promettant un nouveau plan d’ici le 9 juillet au plus tard.

«Mais nous voulons un programme équitable. Nous voulons être en position de rembourser les prêts que nous avons contractés. Et lorsque nous demandons une réduction de la dette, c’est parce que nous voulons la rembourser. Nous ne voulons pas être indéfiniment condamnés à faire de nouveaux emprunts pour rembourser les précédents.»

Tsipras a admis que son gouvernement n’avait pas mis en place de réformes aussi profondes que le souhaiteraient ses créanciers, mais en grande partie, selon lui, parce qu’il passait la plupart de son temps à tenter de maintenir l’économie à flot et à négocier avec la Troïka.

Le 30 juin, la Grèce a demandé un programme de renflouement de deux ans, quelques heures après avoir failli à rembourser à temps une tranche d’1,6 Md € au FMI. La demande comprenait aussi un plan de restructuration de la dette rejeté par l’Euro groupe.

La semaine dernière, Tsipras avait déclaré que la seule manière de rendre la dette grecque soutenable était de la réduire de 30% et de lui accorder un délai de grâce de 20 ans. Aujourd’hui il reconnaît que le pays est au bord de la faillite et a besoin d’un moratoire pour survivre, faisant appel à la solidarité de l’Union européenne

L'accord de Londres sur les dettes extérieures allemandes de 1953, qui couvrait les sommes empruntées avant et après la Seconde guerre mondiale avait réduit celles-ci de 50% et avait étalé leur remboursement sur une période de 30 ans. Cela avait permis à l’Allemagne de l’Ouest de rétablir son économie rapidement après la défaite et de se hisser au rang de puissance économique mondiale.

La réduction de la dette allemande avait été rendue possible par une aide de Washington qui avait déversé  13 Mds$ (équivalent actuel de150 Mds$) d’aides à la reconstruction de l’Europe et avait obtenu en contrepartie un partenaire de long terme, loyal et fiable, servant de rempart contre l’URSS. A elle seule, l’Allemagne avait alors obtenu 1,4 Mds$ de cette aide, soit quatre fois plus que la Grèce qui avait pourtant souffert de l’occupation allemande.

Plus d’un demi-siècle plus tard, la situation économique mondiale a quelque peu changé, mais il semble que la Grèce espère que le scénario de 1953 pourra lui être appliqué au sein de la Zone euro.

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