Les négociations éternelles : la situation sur l’avancée des pourparlers reste floue

Les négociations sur le programme nucléaire à Vienne Source: Reuters
Les négociations sur le programme nucléaire à Vienne

Les négociateurs internationaux du programme nucléaire cherchent à trouver une solution, alors que subsistent des questions épineuses à résoudre, sur lesquelles les Etats-Unis, suivis de près par Israël, sont en désaccord avec l’Iran.

Les entretiens précédentes ont dépassé plusieurs fois les délais à cause des désaccords entre les participants. Mais le Haut Représentant de l'Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité Federica Mogherini est persuadée que la minute de vérité est arrivée. «Mon message aujourd’hui est que si l’accord est conclu, c’est maintenant», a-t-elle dit à l’entrée de l’hôtel où les parties tiennent leurs négociations. Elle a cependant changé d’avis peu de temps après en annonçant que les négociations dureront quelques jours de plus car la situation reste difficile.

Bien sûr, des progrès ont été réalisés par l’Iran et le groupe 5+1 en avril, y compris sur les négociations concernant la levée des sanctions de la part de l’Occident et l’aide dans le domaine énergétique, alors que Téhéran consent à réduire ses réserves d’uranium et laisser les observateurs internationaux accéder à ses sites nucléaires. Mais la situation actuelle montre que l’interprétation de ces accords est différente du côté de l’Iran et du groupe 5+1.

L’un des points clé de cet accord concerne la levée des sanctions – il s’avère que l’Iran insiste sur l’abolition immédiate des mesures restrictives, tandis que l’Occident préfère qu'un processus gradué soit adopté.

L’autre problème – c’est l’inspection des sites nucléaires, le groupe 5+1 demande la visite des sites militaires de l’Iran, de peur que Téhéran y prépare l’arme nucléaire. Mais l’Iran ne veut pas donner cette permission, en indiquant que le volet militaire ne fait pas partie de l’accord avec l’AIEA, qui ne comprend que les sites d’enrichissement de l’uranium. «Il n’y a pas de clarté sur cette question», a souligné le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, en ajoutant que cette question n’est un problème que pour certains des pays à cause «du manque de la confiance entre les parties».

En outre, Il reste encore une série de questions techniques à résoudre – par exemple, l’installation de caméras d’observation sur les sites nucléaires et la livraison de l’uranium enrichi, c’est-à-dire, la quantité d’uranium que l’Iran sera permis de produire et enfin le lieu d’enrichissement du carburant nucléaire.

Pour l’instant, même si le délai touche à sa fin aujourd’hui, rien n’est certain et on peut seulement faire des conjectures sur ce qui se passe dans ces réunions. On sait néanmoins d’après des sources diplomatiques que les parties travaillent sur le texte de l’accord final, mais il y a encore des questions difficiles qui freinent le travail. Malgré les difficultés, les parties disent qu’il y a du progrès : le ministre russe des Affaires étrangères a fait savoir que les parties comprennent que la date limite s’approche mais que L’Iran ainsi que le groupe 5+1 tentent d’arracher de plus en plus de concessions.

Israël brandit la menace nucléaire iranienne pour mieux détourner l’attention de la Palestine

Les critiques les plus fervents de l’Iran sont Israël et son allié, les Etats-Unis, alors que ces derniers menacent d'«arrêter les négociations s'il y a de la mauvaise volonté», d’après les dires de John Kerry. Benyamin Netanyahou a pour sa part déclaré que les négociations à Vienne «ne sont pas une percée», mais «un très mauvais accord». Cependant, selon le journaliste de the Guardian Jonathan Steele, on prête autant d’attention au programme nucléaire iranien en Israël, pour mieux détourner l’attention de la Palestine.

«Il n’y a aucune évidence que l’Iran cherche à créer une bombe nucléaire et possède un programme de développement d’armes nucléaires», rappelle le journaliste, en critiquant les mots de Netanyahou qui a toujours dit que l’Iran est une menace pour le monde entier. Pourquoi continuer à le dire ? Parce qu’il «veut faire diversion en éludant ainsi la situation palestinienne, qui est le problème n°1 au Moyen-Orient» estime Jonathan Steele.

Cet accord est vraiment important parce qu’il «ouvre des possibilités» à l’Iran, l’un des principaux adversaires d’Israël, dans la coopération avec les autres pays du Golfe, et l’Etat hébreu ne le veut pas, indique-t-il.

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