Pirates piratés, quand on découvre les liens d’une société italienne avec des régimes controversés

Une image qui montre une projection du code binaire Source: Reuters
Une image qui montre une projection du code binaire

Une compagnie italienne qui vend des outils de piratage informatique a été prise pour cible par une attaque de hackers qui a résulté par la fuite sur internet de documents internes dont ses contrats avec le Soudan et l’Arabie saoudite entre autres.

La société Hacking Team basée à Milan développe des logiciels d’espionnage et de piratage qui peuvent prendre pour cible des ordinateurs et des téléphones portables sur des systèmes d’exploitation différents. La compagnie a insisté sur le fait qu’elle ne faisait affaire qu’avec des autorités officielles.

Durant le weekend, elle est apparemment devenue la cible d’une cyberattaque qui a eu pour conséquence la mise en ligne de documents internes et le code source de ses logiciels. L’identité de ceux qui ont fait fuiter l’information sensible ainsi que la méthode utilisée ne sont pas encore connues. Cependant, les assaillants ont pris contrôle du compte Twitter de Hacking Team pour faire connaitre leur méfait et partager le lien du fichier Torrent contenant les précieuses données volées.

Le piratage donne un éclairage sur la demande internationale pour de tels services de la part de gouvernements partout dans le monde.

Parmi les clients de Hacking Team mentionnés dans les factures et autres documents, des dizaines de pays : l’Egypte, l’Ethiopie, le Maroc, le Soudan, le Chili, la Colombie, l’Equateur, le Honduras, le Mexique, le Panama, les Etats-Unis, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, la Malaisie, la Mongolie, Singapour, la Corée du Sud, la Thaïlande, l’Ouzbékistan, le Vietnam, l’Australie, Chypre, la République tchèque, l’Allemagne, la Hongrie, l’Italie, le Luxembourg, la Pologne, la Russie, l’Espagne, la Suisse, le Bahreïn, l’Oman, l’Arabie saoudite et les EAU.

Ces documents semblent confirmer certaines accusations faites à l’encontre de Hacking Team. Il apparait en effet que l’entreprise collabore avec des gouvernements dont beaucoup agissent de façon questionnable à propos des droits de l’homme.

Les liens de la compagnie avec le Soudan sont les plus gênants, alors qu’à l’époque Hacking Team avait publiquement nié avoir vendu ses solutions informatiques à ce pays. La société a requis des autorités soudaniennes la somme de 480 000 euros par un virement bancaire pour des systèmes de «télécommande» utilisés pour obtenir l’accès aux données personnelles de la cible.

Les documents ainsi fuités portent un dur coup à la réputation de la compagnie déjà fragilisée. Reporters sans Frontières a épinglé Hacking Team par le passé en l’incluant dans son index des Ennemis d’Internet.

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