Le Mozambique devient le troisième pays d'Afrique à dépénaliser l'homosexualité

L'association Lambda est l'unique collectif mozambicain à lutter pour les droits des LGBT.© Lambda
L'association Lambda est l'unique collectif mozambicain à lutter pour les droits des LGBT.

Le nouveau code pénal du Mozambique entre en vigueur lundi 29 juin. Fait rare en Afrique : le texte dépénalise l'homosexualité et écarte les risques de persécution légale.

C'est un pas de géant pour les homosexuels en Afrique. Alors que les communautés LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenres) sont toujours la victime de persécutions dans la plupart des 54 pays du continent, le Mozambique, pays lusophone d'Afrique australe, vient de rendre légaux les rapports entre personnes du même sexe.

C'est dans le nouveau code pénal (CP) du pays que la dépénalisation de l'homosexualité était inscrite. Voulu par l'ancien président, Armando Guebuza et rédigé en décembre 2014, ce CP a été promulgué, lundi 29 juin, par l'actuel président, Filipe Nyusi. Le nouveau texte bloque toute possibilité de persécution légale et judiciaire contre les représentants de la communauté homosexuelle.

«Une victoire symbolique» mais sans «volonté politique propre»

Pour un tel changement social, plusieurs facteurs se sont combinés. Le Mozambique ne comprend qu'une seule association qui milite pour la défense des droits LGBT : l'association Lambda. Celle-ci n'a toujours pas été reconnue officiellement par l'état du Mozambique mais son travail de sensibilisation a porté ses fruits, à la lumière du nouveau CP. Pour ses représentants, si le changement dans la loi représente «une victoire symbolique», le processus d'acceptation de l'homosexualité n'est pas encore à son terme. «Cela ne va pas fondamentalement changer grand chose pour nous», explique un de ses représentants qui souhaite rester anonyme. «L'inclusion sociale reste le principale défi».

Malgré le travail de sensibilisation effectué par Lambda, le dépénalisation de l'homosexualité ne serait pas le symbole d'un changement dans les mentalités des élites. «On ne peut pas vraiment parler de volonté politique propre», estime Dércio Tsandzana, blogueur mozambicain et activiste influent. «Le gouvernement réagit plutôt à la pression externe de certaines ambassades et des bailleurs de fonds».

Quelque soit l'élément déclencheur de ce changement social, le fait est suffisamment rare pour être salué. Si les actes de persécutions homophobes sont particulièrement rares au Mozambique, l'acceptation sociale de l'homosexualité est encore loin d'être acquise. La sous-région de l'Afrique australe, à laquelle appartient le pays, reste un territoire spécialement hostile aux homosexuels, avec des persécutions très importantes en Ouganda, au Rwanda, et une véritable croisade anti-homosexuels menés au Zimbabwe voisin par son président Robert Mugabe. Même l'Afrique du Sud, où le mariage entre personnes du même sexe est légal depuis 2006, connaît des actes de violences fréquents à l'encontre des communautés homosexuelles.

D'un point de vue continental, l'homosexualité reste illégale dans la grande majorité des 54 pays d'Afrique, et les persécutions contre ses représentants y sont monnaie courante.

La carte de l'Afrique selon les avancées des droits sociaux pour les homosexuels.© Lambda
La carte de l'Afrique selon les avancées des droits sociaux pour les homosexuels.

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