Israël intercepte le vaisseau amiral de la Flottille de la Liberté dans un raid «tranquille»

Les Palestiniens fêtent l'anniversaire de la première FlottilleSource: Reuters
Les Palestiniens fêtent l'anniversaire de la première Flottille

Le contact a été perdu avec le vaisseau amiral suédois «Marianne de Göteborg». L'armée israélienne a annoncé avoir intercepté et fouillé ce navire, qui encadrait la Flottille de la Liberté, et qui avait essayé de «briser le blocus maritime».

La Coalition de la Flottille de la Liberté a perdu le contact avec son vaisseau amiral à 10h57 GMT, selon l’organisation. Le navire était à quelque 100 milles nautiques de son point de destination.

Une vidéo avait été filmée à l’avance au cas où la mission échouerait. On y voit l’équipage et les activistes à bord de la Flottille s’exprimer. «Si vous voyez cette vidéo, cela signifie que nous nous avons été attaqués dans les eaux internationales par l’armée israélienne», dit un des membres de l’équipe.

La journaliste de RT Nadezhda Kevorkova, qui faisait partie de l’équipage, a aussi laissé un message téléphone avant que Tsahal n’intercepte le bateau. «Nous avons vu un hélicoptère de l’armée voler au-dessus du bateau. Nous n’avons pas su le reconnaitre. Un avion inconnu volait également à basse attitude tout près de nous», a-t-elle témoigné.

La marine israélienne a arrêté le vaisseau, est montée à bord et l'a fouillé, a indiqué le porte-parole de l'armée israélienne Peter Lerner. Il a annoncé que le «Marianne de Göteborg» était pour le moment escorté au port d'Ashdod, après avoir ignoré des «demandes répétées de changement de direction».

Plus tôt, la Coalition a confirmé que trois des navires de la Flottille ont rebroussé chemin vers leurs ports d’origine.

«Les trois navires qui accompagnaient et soutenaient la «Marianne» («Rachel», «Vittorio» et «Juliano») changent la direction et se dirigeront vers leurs ports d’origine», a-t-il annoncé.

Le gouvernement israélien a ordonné à la marine de «rediriger» le vaisseau seulement après «avoir épuisé toutes les recours diplomatiques», selon l’armée israélienne. Après que l’équipe de «Marianne» a refusé de changer de cap, les forces navales «ont accosté et fouillé le navire» et «ont rapporté que l’usage de la force n’était pas nécessaire et que le processus s’est fait».

«Le vaisseau est maintenant escorté vers le port israélien d’Ashdod où il est attendu d’ici 12 à 24 heures», lit-on encore dans la déclaration.

Cependant, les organisateurs de la Flottille ont des raisons de penser que l’engagement des israéliens n’était pas si calme et non-violent que ça et que quelques personnes à bord «pourraient être touchées».

«Nous n’avons pu contacter personne à bord durant les deux dernières heures précédant la capture», a dit à RT le représentant de l’équipe média de la Flottille de la Liberté III par téléphone. «Nous n’avons pas de raison de penser que l’abordage a été aussi calme que l’armée israélienne le prétend, parce que la dernière fois qu’ils ont dit ça en 2012, des personnes ont été victimes de coups de matraque et de tirs de Taser».

La Coalition s’attendait à ce que les autorités fassent tout leur possible pour stopper la troisième Flottille de la Liberté mais espérait toujours qu’«à un moment une voix plus raisonnable prédomine dans le gouvernement israélien».

Entretemps, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a fait l’éloge de sa marine pour son action «déterminée et efficace» qui a permis la conservation du blocus.

En savoir plus : La «Flottille de la Liberté» se dirige vers Gaza pour rompre le blocus israélien

Les quatre navires partis de différents ports de Grèce samedi ont essayé de briser le blocus de la Palestine qui dure depuis plus de huit ans, a-t-on dit dans un communiqué de presse sur la page officielle de la campagne. Cette fois-là, 70 personnes étaient à bord, y compris l’ex-président tunisien Moncef Marzouki et la députée espagnole du Parlement européen Ana Maria Miranda Paza.

En 2011, un rapport d’un comité d’enquête de l’ONU a insinué qu’Israël avait le droit d’arrêter les vaisseaux à destination de Gaza, a rapporté le journal The Times of Israel. Mercredi, le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a indiqué que selon lui, «une flottille à elle seule ne résoudra pas la situation difficile de Gaza» mais a encore une fois demandé à l’Etat hébreu de «lever le blocus, tout en tenant compte des inquiétudes sécuritaires légitimes d’Israël».

Alors qu’Israël affirme que le blocus sert à empêcher le Hamas d’obtenir des armes et d’autres matériels qui pourraient potentiellement être utilisés pour l’attaquer, la flottille n’avait à bord que de l’aide humanitaire à livrer au peuple de Gaza.
Il y a d’autres moyen «acceptables et accessibles» pour fournir de l’aide aux Palestiniens, a déclaré Emmanuel Nahshon, le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères en ajoutant que s’ils ont pour objectif de briser le blocus, «nous ne le permettrons pas».

Un certain nombre d’hommes politiques et de militants ne soutient pas une telle position inflexible en alléguant que la flottille est pacifique et ne représente pas de danger pour la sécurité du pays. Envoyer des troupes souligne le rôle d’agresseur qu’endosse encore et toujours Israël, a dit The Times of Israel en citant l’ex-membre de la Knesset et célèbre militant Uri Avnery.

En savoir plus : Blocus de Gaza : La flotille de la liberté passera-t-elle cette fois?

En 2010, une tentative similaire de rupture du blocus avait terminé en bain de sang. Les forces israéliennes étaient montées à bord du bateau à destination de Gaza alors même qu’il voguait dans les eaux internationales. Neuf militants pro-palestiniens ont fait face aux militaires en armés de cannes et de couteaux, l’affrontement avait résulté en la mort des membres de l’équipage du navire.

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