Enlevé à Milan par des espions américains, il attaque l'Italie en justice

Enlevé à Milan par des espions américains, il attaque l'Italie en justice© Larry Downing Source: Reuters
Le hall de la CIA en Virginie (Etats-Unis)

L'imam égyptien Abou Omar a été entendu mardi 23 juin par la Cour européenne des Droits de l'Homme. Il accuse l'Italie d'avoir été complice de son enlèvement à Milan par des agents de la CIA. Le jugement est mis en délibéré.

Son cas avait provoqué un scandale politique majeur en Italie et ému l'opinion publique sur la liberté d'action des espions américains de la CIA en «pays ami».

Tout commence en février 2003, à Milan. Abou Omar se rend à la Mosquée pour la prière du soir lorsqu'il est interpellé par des carabinieri. Poussé de force dans un van par des agents, dont certains sont Américains, l'imam est transféré illico en Egype où il est remis aux services de sécurité du Caire. Soupçonné d'être lié au terrorisme international - Abou Omar sera d'ailleurs condamné pour ces faits - l'homme est interrogé (il dit qu'il a été torturé) puis détenu au secret pendant près d'un an.

Enlevé à Milan par des espions américains, il attaque l'Italie en justice© Capture d'écran réalisée sur le site de France 24
l'imam Abou Omar a été transféré illégalement en Egypte par des agents américains

Face au tollé suscité par cet enlèvement-transférement illégal, la justice italienne s'était rapidement saisi de l'affaire. 23 Américains- 22 agents de la CIA, 1 officier des forces armées américaines avaient été jugés responsables ainsi que plusieurs hauts responsables des services de renseignement militaires italiens (Sismi). Tous avaient été condamnés à des peines de prison allant de 7 à 10 ans. Mais la justice italienne n'a jamais demandé l'extradition des agents américains, et elle finira même, en 2014, par annuler les peines des espions italiens, les preuves les incriminant étant couvertes par «le secret d'Etat».

«Le secret d'état ne saurait être utilisé pour garantir l'impunité à des accusés» a tempêté l'avocat de l'imam devant les juges strasbourgeois. De son côté, la représentante du gouvernement italien, Paola Accardo, a fait valoir que «l'imam a été enlevé exclusivement par des agents de la CIA et n'a jamais été aux mains des autorités italiennes». Les juges de la CEDH se sont donnés plusieurs mois pour trancher dans cet épineux dossier.

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»