RT «très flatté» d'être la pièce centrale de la campagne d'Emmanuel Macron

RT «très flatté» d'être la pièce centrale de la campagne d'Emmanuel Macron© Christian Hartmann Source: Reuters

Sans fournir aucune preuve, l'équipe de campagne d'En Marche ! a accusé RT et Sputnik d'avoir diffusé des «fake news» en prévision de la présidentielle française. La rédactrice en chef de RT s'est étonnée de cette permanente obsession sur la Russie.

«C'est plutôt flatteur que l'équipe d'Emmanuel Macron continue de construire sa campagne électorale exclusivement sur les mensonges véhiculés à propos de RT et Sputnik. Ce n'est pas très judicieux de sa part, mais c'est assez amusant», a déclaré la rédactrice en chef de RT Margarita Simonyan. 

Cette déclaration fait suite à une interview diffusée sur Sky News le 4 mars où l'assistant d'Emmanuel Macron, Mounir Mahjoubi, a réitéré des accusations à propos des deux médias russes qui, il en est convaincu, véhiculent des «fake news» pour saboter sa campagne.

«Nous accusons Russia Today (RT) et Sputnik d'être la première source de fausses informations véhiculées sur notre candidat et de travailler en symbiose avec des organisations fascistes ou d'extrême droite», a déclaré Mounir Mahjoubi à la chaîne britannique.

Sans fournir aucune preuve, le responsable de la campagne numérique d'Emmanuel Macron a poursuivi en disant que la campagne de «fake news» à laquelle se livreraient RT et Sputnik serait accompagnée de violentes et graves cyberattaques contre le site internet du mouvement En Marche !.

Mahjoubi n'accuse pas directement les deux médias (ou bien le Kremlin ou encore d'obscurs hackers russes) d'avoir attaqué le site internet du parti d'Emmanuel Macron, mais martèle que les attaques se sont déroulées «au même moment, pendant la même période et au même rythme» que la publication des prétendues «fausses informations» de RT et Sputnik.

Il semble qu'il soit devenu acceptable d'accuser RT de tous les maux sans présenter aucune preuve et d'accoler à tout-va le terme de "fake news" à tout reportage ou article qui ne plaît pas

C'est loin d'être la première fois que les deux médias russes sont pris pour cible par les responsables d'En Marche !. En février, le secrétaire général du parti Richard Ferrand, avait accusé RT et Sputnik de «créer et diffuser de fausses informations dans le but de s'ingérer dans la vie démocratique française».

Richard Ferrand avait notamment cité un article publié sur un blog n'ayant absolument aucun rapport avec RT ou Sputnik. Ces derniers ont qualifié ces accusations de totalement infondées et visant à réduire au silence les médias considérés comme «indésirables».

«Il semble qu'il soit devenu acceptable d'accuser RT de tous les maux sans présenter aucune preuve et d'accoler à tout va le terme de "fake news" à tout reportage ou article qui ne plaît pas», avait déclaré le Bureau de presse de RT en février.

Le secrétaire général d'En Marche ! a également évoqué «des milliers de cyberattaques» sur la campagne d'Emmanuel Macron, là aussi sans fournir aucune preuve concernant leur origine. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a noté qu'avec de telles déclarations infondées, l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron empruntait un chemin dangereux et devenait elle même une source de «fake news».

«Les informations citées par Richard Ferrand n'ont aucun rapport avec les médias dont il parle (RT et Sputnik). Il commence à véhiculer des "fake news" lui-même», avait à l'époque déclaré Maria Zakharova.

La porte-parole du ministère des Affaires étrangères a rappelé que l'ancienne candidate à la présidentielle américaine, Hillary Clinton, a fait les mêmes accusations sans fondement contre les médias russes au cours de sa campagne qui s'est soldée par un échec et qui a par ailleurs entraîné des fuites d'informations compromettantes sur la candidate.

«Il semblerait qu'Emmanuel Macron veuille marcher sur les traces de Hillary Clinton. C'est un chemin très douteux», a déclaré Maria Zakharova

Lire aussi : Malgré l'absence de preuve, Ayrault dénonce une «ingérence» de la Russie dans la présidentielle

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