«Les chars ne créent nulle part la paix» : des Allemands contre le déploiement des forces de l'OTAN

«Les chars ne créent nulle part la paix» : des Allemands contre le déploiement des forces de l'OTAN© Capture d'écran du compte Twitter @fe_pix
Manifestation à Bremerhaven le 7 janvier contre le déploiement d'unités supplémentaires de l'OTAN en Europe orientale

Alors que des centaines de chars américains débarquent en Europe, soi-disant pour maintenir «la paix» aux frontières russes, des manifestants et hommes politiques allemands s'opposent au renforcement du dispositif de l'OTAN en Europe orientale.

De nombreux manifestants ont défilé le samedi 7 janvier dans la ville allemande de Bremerhaven pour protester contre le déploiement de nouvelles unités de l'OTAN sur le continent européen. 

Des centaines de chars et plusieurs milliers de soldats de l'OTAN sont en effet arrivés le 6 janvier dans cette ville portuaire et doivent être transférés et envoyés en Europe de l'Est dans la cadre de l’opération Atlantic Resolve.

Auteur: RUPTLY

Les manifestants ont scandé à travers la ville des slogans tels que : «Non aux déploiements de l'OTAN !», «Mettez fin à la marche militariste contre la Russie !» et «Sortie de l'OTAN !». 

Une partie de la classe politique allemande vent debout contre l'escalade avec la Russie

Des hommes politiques allemands ont dénoncé la semaine dernière le renforcement du dispositif militaire de l'Alliance nord-atlantique en Europe orientale. 

Cela ne vas pas nous aider si des chars se mettent à monter et à descendre des deux côtés de la frontière

«Les chars ne créent nulle part la paix», a par exemple souligné Christian Görke, ancien député européen et membre du parti de gauche radicale Die Linke, dans une déclaration rapportée par RBB. Tobias Pflueger, un autre cadre de Die Linke, cité par le média allemand Focus Online, a également critiqué le déploiement de chars, de troupes et d'équipements militaires en Pologne. Il a par ailleurs déploré une course aux armement et une «escalade dans les relations avec la Russie».

Le 5 janvier dernier, c'est un homme politique de poids en la personne du ministre-président du land du Brandebourg, Dietmar Woidke, membre du parti social-démocrate SPD, qui a regretté le renforcement des effectifs militaires de l'OTAN en Europe orientale. Il a notamment indiqué à RBB : «Cela ne vas pas nous aider si des chars se mettent à monter et à descendre des deux côtés de la frontière.»

«Je crois qu'en dépit de toutes les difficultés, nous devrions chercher le dialogue avec la Russie», a-t-il encore ajouté, en prévenant par ailleurs que les relations entre Berlin et Moscou pourraient souffrir de l'intensification de la présence militaire de l'OTAN aux frontières de la Russie. 

De son côté, le parti au pouvoir en Allemagne, la CDU (chrétiens-démocrates), a qualifié «d'étrange» le point de vue de Dietmar Woidke. Selon le chef de la faction parlementaire de la CDU au Parlement du land du Brandebourg, Ingo Senftleben, l'opération se déroule «dans le cadre des arrangements contractuels de l'OTAN et à la demande explicite de la Pologne».

Les nouvelles unités de l'OTAN seront d'abord transférées en Pologne, où elles participeront dans un premier temps à des exercices militaires. Puis, ces unités seront déployées dans sept autres pays : l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Bulgarie, la Roumanie, l'Allemagne et la Hongrie.

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