Platon, Voltaire, Kant : des étudiants de Londres ne veulent plus étudier les philosophes blancs

Platon, Voltaire, Kant : des étudiants de Londres ne veulent plus étudier les philosophes blancs© wikipédia
Platon, Kant, Aristote, Voltaire, des étudiants de l'Université de Londres ne veulent plus étudier ces philosophes parce qu'ils sont blancs

Un syndicat étudiant de l'Université de Londres entend supprimer l'enseignement obligatoire des «philosophes blancs» afin de «décoloniser» l'établissement. Certains universitaires estiment que le politiquement correct devient hors de contrôle.

Des étudiants de l’Université de Londres demandent que des philosophes tels que Platon, Aristote, Voltaire, Descartes ou encore Kant, soient bannis du programme de philosophie, «parce qu’ils sont blancs». Le syndicat étudiant de l’Ecole des études orientales et africaines (SOAS), estime que «la majorité des philosophes [que nous étudions] en cours, devraient venir d’Afrique et d’Asie».

«Les philosophes blancs ne devraient être au programme uniquement si cela est requis, et leur travail ne devrait être étudié que d’un point de vue critique», écrivent-ils dans un communiqué. Ils souhaitent notamment que soit reconnu le contexte colonial dans lequel «les soi-disant philosophes "des Lumières" ont écrit». Le syndicat étudiant explique que cela fait partie d’une campagne plus large de «décolonisation» de l’Université, à travers laquelle ils veulent «aborder l'héritage structurel et épistémologique du colonialisme».

Le point de vue des étudiants divise au sein même de l'établissement. Erica Hunter, qui dirige le département Religion et Philosophie du SOAS, a qualifié la déclaration de «plutôt ridicule», ajoutant dans une interview au journal The Telegraph, qu'elle résisterait «fermement [à l'idée de lâcher] des philosophes et des historiens uniquement parce que c’est à la mode».

Un autre professeur, Deborah Johnston, pense en revanche que l’initiative des étudiants de remettre en question leur cursus universitaire est positive, expliquant qu’un «débat et des discussions sur les cours dispensés est sain et fait partie de la démarche académique». 

Mais dans le reste des milieux universitaires britanniques, la proposition n’a pas trouvé un écho favorable. «Vous ne pouvez pas supprimer tout un pan de la pensée sans l’avoir étudiée, et clairement, ils n'ont pas étudié ce qu’ils considèrent comme "les philosophes blancs"», s’est emporté le philosophe anglais Sir Roger Scruton dans le Daily Mail. «S'ils pensent qu'il y a un contexte colonial à partir duquel la Critique de la raison pure de Kant est apparue, je voudrais l'entendre», ironise t-il.

Sir Anthony Sheldon, le vice-chancelier de l’université de Buckingham, s'inquiète de son côté «du politiquement correct qui devient hors de contrôle».

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