Minsk : les pourparlers de la dernière chance (VIDEO)

Les dirigeants français, allemand et ukrainien sont déjà arrivés à Minsk, en Biélorussie, pour un sommet dédié à la crise ukrainienne. Certains estiment que c'est la dernière chance de parvenir à mettre fin au conflit dans l'Est de l'Ukraine.

Près de 400 journalistes sont accrédités pour le sommet de Minsk qui doit avoir lieu aujourd'hui, preuve de l'attention que lui porte la communauté internationale. 

Signal positif, le Kremlin vient de confirmer la participation de Vladimir Poutine même si ce matin, personne ne pouvait dire si ce sommet se déroulerait comme prévu.

« Il y a un nombre de problèmes qui doivent être résolus…mais il est très probable que nous irons de l'avant », a annoncé Laurent Fabius sur France Inter tôt ce matin. « C’est vraiment la dernière chance pour les négociations », a ajouté le ministre français des Affaires étrangères.

Peu après, les services de l'Elysée ont confirmé que le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel étaient tous deux partis pour la Biélorussie.

Une source diplomatique a confié à l'agence Reuters que le sommet de Minsk avait 70% de chances de déboucher sur un succès, ajoutant que « les présidents ne voyagent pas sans une bonne raison ».

Une autre source proche des pays-négociateurs a dit à l'agence de presse TASS qu'on n'excluait pas la possibilité d'une rencontre entre les ministres des Affaires étrangères des pays-participants avant le sommet.

Les représentants des milices de l'est n’ont pas été invités à ces pourparlers, mais ils participeront à une rencontre séparée du «groupe de contact», composé de l’Ukraine, de la Russie et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (l’OSCE).

Mardi, une réunion du groupe de contact n’a pas permis de faire de progrès mais des sources proches du dossier indiquent que les parties se sont mises d’accord sur un plan de cessez-le-feu. Elles auraient en outre donné des garanties pour son application au cas où les négociations d’aujourd’hui déboucheraient sur des résultats concrets, fait savoir RIA Novosti.

Les insurgés ont fait savoir que c’était à Kiev de démontrer sa volonté de parvenir à un accord de paix. Les Républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk auraient voulu que leurs dernières avancées sur le terrain, réalisées durant les combats de janvier, soient prises en compte par l’accord de paix.

Kiev s’oppose à ses demandes et veut que ses adversaires se replient sur les positions qu’ils occupaient au début de janvier.

«Nous demandons la paix sans conditions. Nous demandons un cessez-le-feu ; le retrait des troupes étrangères et la fermeture de la frontière», a affirmé le président ukrainien Petro Porochenko mardi après avoir visité la ligne de front. «Je pars pour Minsk pour obtenir un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, ainsi que pour établir un dialogue politique», a souligné le président ukrainien.

Il a tenu ces propos après s'être rendu à Kramatorsk, une ville où 16 personnes auraient été tuées dans une attaque à la roquette. Kiev a rapidement accusé les insurgés mais les milices ont démenti en déclarant qu’elles n’avaient pas d’unités d’artillerie assez proches pour tirer sur Kramatorsk.

Le gouvernement ukrainien veut reprendre le contrôle des territoires qu’il a perdus après l’offensive d’envergure ragée qu’il a lancée en janvier. Une situation qui rappelle ce qui s’est passé en août 2014 lorsqu’un accord négocié par la Russie et l’OSCE a mis fin à une successions de défaites militaires des troupes loyalistes. Des représentants des insurgés avaient alors accusé l’Ukraine de conclure un cessez-le-feu dans le seul but de remobiliser ses troupes et de préparer un nouvelle offensive.

Reste qu’il y a quelques heures à peine, la ville de Donetsk, le bastion des forces antigouvernementales, a été frappée par un nouveau tir d’artillerie. Au moins quatre personnes auraient été tuées dans ce bombardement qui a touché une gare routière et les milices ont immédiatement accusé un groupe infiltré envoyé par Kiev de vouloir faire diversion.

Jusqu’à présent peu de détails ont filtré sur le contenu des accords de paix qui seront discutés aujourd’hui à Minsk. Il serait néanmoins question de la création d’une grande zone démilitarisée le long de la ligne de front incluant des régions épargnées par les combats pour empêcher les attaques d’artillerie. On parle également d’une réforme politique en Ukraine pour donner davantage d’autonomie aux régions qui le souhaitent. La question du déploiement d’un contingent de casques bleus est aussi évoquée. Mais de toutes les façons, si les pourparlers débouchent sur un accord de paix, sa mise en œuvre sera un défi en soi.

Mais la poursuite de l’escalade du conflit est la seule alternative à cet accord. Les Etats-Unis et certains pays européens, tels que la Grande-Bretagne et la Pologne, ont déclaré qu’ils envisageaient de fournir des armes à l’Ukraine tandis que les poids lourds européens, notamment l’Allemagne et la France, ont fortement rejeté cette option.

En savoir plus : Ukraine : l’Europe réticente à armer et financer Kiev (VIDEO)

Des livraisons d’armes repousseraient la Russie encore plus loin, elle qui qualifie déjà les troupes qui luttent pour Kiev de «légions de l’OTAN», pour citer Vladimir Poutine.

Kiev et quelques nation occidentales accusent la Russie d’attiser le conflit en Ukraine en livrant des armes et en envoyant des troupes lutter aux côtés des rebelles. Des accusations que Moscou a toujours férocement démenties.

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