«Personne n'a tiré sur les évacués» : la réalisatrice bolivienne témoigne de la libération d’Alep

«Personne n'a tiré sur les évacués» : la réalisatrice bolivienne témoigne de la libération d’Alep© Carla Ortiz
Capture d'écran du documentaire sur la Syrie d'une réalisatrice bolivienne

L’armée syrienne n'a pas tiré sur les combattants qui quittaient Alep lors des évacuations, elle leur a même distribué de la nourriture, selon Carla Ortiz, réalisatrice bolivienne de documentaires, contrairement aux messages des grands médias.

Carla Ortiz, actrice et réalisatrice bolivienne dont le témoignage retentissant a mis à mal la version des médias occidentaux sur Alep, donne cette fois sa version des faits sur la libération d’Alep-Est, notamment l’évacuation des combattants et de leurs familles de la ville. 

Elle a publié une vidéo de son documentaire en préparation montrant le processus d’évacuation afin de contester les déclarations des médias occidentaux arguant que les forces gouvernementales syriennes tiraient sur les évacués, et pour prouver que l’évacuation qui a eu lieu dans le cadre de l’accord négocié par la Russie et la Turquie, était pacifique.

«Beaucoup de gens m’ont demandé de fournir des preuves montrant qu’on ne tirait pas sur les gens dans la rue, ni sur les enfants, lors de l'évacuation, comme certains médias l’ont rapporté. Alors, voici ce que j’ai vu de mes propres yeux : les civils ont été évacués à pied de la partie Est de la ville et ensuite transportés vers des refuges dans des bus. Excusez-moi, mais il n’y a absolument pas eu de fusillades de masse pendant l’évacuation»,  a écrit Ortiz sur Facebook, en commentaire de la vidéo.      

Ortiz a ensuite continué à contester certaines autres histoires relatées par les grands médias, en mettant en doute l’authenticité des soi-disant «rapports des témoins» provenant des quartiers d’Alep qui étaient occupés par les rebelles à l’époque, rapidement propagés par les médias occidentaux. Elle a précisé qu’il n’y avait pas de connexion internet dans la partie est de la ville, qui aurait pu permettre à ces témoins de partager leurs images aux médias.   

Ortiz rapporte aussi que, bien qu’elle avait son portable avec itinérance internationale et connexion wifi, elle ne pouvait pas même envoyer un court SMS à sa famille lorsqu'elle se trouvait à Alep-Est.

«Quand j’étais à Alep-Est, il n’y avait pas d’internet dans les quartiers voisins récemment libérés – je ne pouvais même pas signaler à ma famille que j'étais en vie. Il était impossible de mettre quoi que ce soit en ligne. J’avais besoin de télécharger une vidéo dans l’hôtel, et cela m’a pris plus de deux heures», a précisé Ortiz à RT.

«Pour moi, il est absurde de penser que ce tournage ait été réalisé là-bas», a-t-elle ajouté.

En même temps, elle a admis qu’Alep était vraiment «le point crucial du conflit» et «une dévastation totale» causée, selon elle, non seulement par l’armée syrienne ou les bombardements russes, mais aussi par les combattants qui contrôlaient ces quartiers. 

Tandis qu’Alep «était parfois privé d’électricité et d’approvisionnement d’eau, même si les commerces restaient toujours ouverts», les gens continuaient de vivre, alors que dans la partie Est de la ville, il n’y avait que terreur et dévastation.

«Quand vous parlez à une personne qui vient de quitter Alep-Est… ils disaient qu’ils n’avaient pas de nourriture, pas d’accès à l’électricité, pas de médicaments, leurs enfants ne pouvaient pas aller à l’école», a révélé Ortiz, en affirmant que les gens là-bas étaient parfois obligés d'«enfermer à clé leurs enfants, car les terroristes utilisaient les enfants pour faire du chantage à leur famille, pour qu’ils restent calmes ou pour qu’ils fassent quelque chose pour eux».    

Les conditions dans lesquelles les civils vivaient sous le joug des soi-disant rebelles, étaient «vraiment inhumaines», a-t-elle souligné, en ajoutant que la plupart des combattants qui contrôlaient la partie Est de la ville étaient des mercenaires.

«Quand vous parlez à des gens qui ont récemment quitté Alep-Est, ils vous disent que la plupart des terroristes ne sont même pas Syriens», assure Ortiz.

Ortiz a déclaré qu’elle avait observé des snipers cibler des civils dans les rues d’Alep-Est, alors qu’elle essayait d’accéder à cette parte de la ville.

La plupart des habitants d’Alep ont salué la libération de la ville par l’armée syrienne, indépendamment de leur orientation politique, parce qu’ils étaient juste heureux d’être enfin débarassés de la guerre, Ortiz a rapporté.      

«Les gens étaient pleins d’espoir et heureux de pouvoir traverser Alep d’est en ouest. Ils remerciaient Dieu et l’armée syrienne. Cela n’avait rien à avoir avec la politique. Ils ne parlaient pas de qui ils supportaient, ils étaient juste ravis d’être libres.»

La vidéaste a aussi mis en valeur le fait que beaucoup de soldats qui combattaient aux côtés des forces gouvernementales à Alep étaient en fait «des volontaires qui combattaient pour faire sortir certains membres de leur famille d’Alep-Est.» 

Ortiz a également approuvé l’accord national syrien de cessez-le-feu, qui a été récemment négocié entre la Russie, la Syrie et la Turquie et qui est entré en vigueur le 29 décembre. Cet accord «pourrait déterminer beaucoup de choses à cet instant précis», a-t-elle glissé, ajoutant que «cela pourrait vraiment exaucer les prières des gens».

«J'ai eu la possibilité de parler à tous ces gens de tous âges et toutes religions – et ils prient tous pour un véritable cessez-le-feu», affirme la réalisatrice.   

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