Moscou garde un œil attentif sur les plans américains de redéployer des missiles en Europe

Lanceur de missile de croisière Source: Reuters
Lanceur de missile de croisière

Les Etats-Unis envisagent de dénoncer un traité de l’époque de la Guerre Froide et de déployer des missiles à capacité nucléaires de portée en Europe en raison de violations supposées du même traité par la Russie, rapporte l’agence AP.

L’administration américaine est en train de réfléchir à la possibilité de déployer des missiles de portée intermédiaire en Europe et en Asie, qui seraient capable de détruire des cibles militaires sur le territoire de la Russie. Ces révélations s’appuient sur une partie déclassifiée d’un rapport du bureau du général Martin Dempsey, membre de l’état-major des armées des Etats-Unis.

Ce rapport mentionne quatre types de missiles potentiels qui pourraient «aider à combler…une lacune de capacités» selon les termes du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire de 1987 (INF) qui interdit aux Etats-Unis et à la Russie de posséder des missiles d’une portée allant de 500 à 5 000 kilomèntres, en cas de dénonciation du traité.

De telles mesures pourraient impliquer le déploiement des systèmes de missiles de croisière basés au sol en Europe ou en Asie, ainsi que le déploiement des missiles balistiques à portée intermédiaire, basés au sol et équipés d’ogives avec trajectoire ajustable.

Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, a déclaré que Moscou allait analyser attentivement ces révélations sur le possible déploiement de missiles en Europe par les médias avant de porter un jugement.

Pour l’instant, selon l’agence AP, elles évoquent les pires heures de la Guerre froide, lorsque dans les années 1980, les Etats-Unis avaient déployé leurs missiles balistiques Pershing 2 en Europe, l’URSS répliquant avec le déploiement de ses SS-20.

L’administration Obama prétend que Moscou a violé le traité INF : l’été dernier, le président américain a envoyé une lettre à Vladimir Poutine en l’accusant d’avoir testé des missiles de croisière sol-sol dont la portée serait interdite par le traité INF de 1987.

En août dernier, le vice-ministre russe de la Défense Anatoli Antonov avait confié à RT que les accusations portées contre la Russie faisaient partie d’une campagne lancée en pleine crise ukrainienne. «Une vague importante de revendications et d’allégations américaines fait partie d’une campagne antirusse déclenchée par Washington en liaison avec la crise en Ukraine. Et les Etats-Unis sont prêts à exploiter tous les moyens pour discréditer la Russie», avait alors expliqué le vice-ministre.

Pour sa part, Moscou accuse également Washington de violer le traité INF en déployant son bouclier antimissile en Europe. Le ministère russe des Affaires étrangères a notamment fait savoir que la Russie avait à maintes reprises fait part de ses inquiétudes sur les missiles américaines à courte portée, sur les drones et les systèmes à lancement vertical MK-41 que les Etats-Unis prévoient de déployer en Pologne et en Roumanie. «Les Américains ont commencé ce processus en 2001, en se retirant unilatéralement du traité ABM (Anti-Balistic Missile). Maintenant, la situation s’aggrave par la mise en place rapide et illimitée du système américain de défense antimissile globale, par l’absence de volonté de nettoyer le territoire d’autres Etats de l’arsenal nucléaire tactique américain qui y a été déployé, par l’élaboration de la stratégie provocatrice Prompt Global Strike, et par une accumulation excessive d’armes classiques, y compris leurs composant offensifs», a expliqué le ministère russe des Affaires étrangères.

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