Drones, satellites, l'Algérie déploie les grands moyens pour surveiller ses frontières

Drones, satellites, l'Algérie déploie les grands moyens pour surveiller ses frontières

Ce système de surveillance électronique devrait protéger sa frontière avec le Maroc contre les réseaux criminels selon le ministère de la Justice. Ces mesures interviennent alors que les tensions autour du Sahara occidental sont toujours vives.

Les autorités algériennes qui avaient déjà creusé des tranchées de 6 mètres de large, et un mur de fer de 3 mètres de haut, souhaitent désormais renforcer leur dispositif de surveillance électronique afin de pouvoir contrôler de près les opérations de lutte contre les différents réseaux de criminels qui s’activeraient à proximité de leurs frontières.

Selon le ministère de la Défense, l'Algérie fait face à des trafics majeurs qui passent principalement par l'ouest du pays. Au premier semestre 2016, 69 tonnes de résine de cannabis ont été saisies dont les trois quart dans cette région. Sur la même période, les autorités affirment avoir réalisé la plus grosse saisie d'armes lourdes de leur histoire dans le sud-ouest du pays.

La frontière sud-ouest que l'Algérie partage avec le Maroc – longue de plus de 3 000 kilomètres – est «en butte aux activités des narco-terroristes qui s’adonnent à de multiples activités illégales portant atteinte à la sécurité du pays et à l’économie nationale» a déclaré un responsable du ministère de la Justice algérien à l'agence APS.

Pour ce responsable, les narcotrafiquants, les contrebandiers, et les trafiquants d'armes actifs dans les pays limitrophes, travaillent main dans la main. Pour lutter contre eux, il a expliqué que la coordination de leurs efforts devait concerner l’ensemble des mécanismes de prévention et de lutte «contre les différentes formes de criminalité qui sévissent à travers les frontières terrestres, maritimes et aériennes [de l'Algérie]».

Les autorités ont ainsi décidé d'investir «des moyens adéquats tant mobiles que fixes, des patrouilles et autres brigades mixtes, des caméras infrarouges, des radars mobiles, des moyens aériens notamment des drones, ainsi que des procédés de surveillance par satellites pour la sécurisation et le contrôle de[s] vastes frontières [de l'Algérie]». 

En mai dernier, le Maroc avait également annoncé le renforcement de son dispositif de sécurité sur sa frontière est, invoquant, lui, le risque terroriste. Auparavant en 2014, le royaume avait entrepris la construction d'une clôture dotée de capteurs électroniques pour se prémunir «de toute infiltration de membres de groupes extrémistes à l'intérieur du territoire marocain» selon le ministre de l'Intérieur Mohamed Hassad.

C'est dans ce contexte de conflit larvé depuis quarante ans entre les deux poids lourds du Maghreb qu'interviennent ces dernières dispositions. Les deux pays sont en désaccord sur le statut du Sahara occidental annexé à 80% par le Maroc en 1975, et revendiqué depuis par le Front Polisario que soutient l'Algérie.

Le 28 avril dernier, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution invitant les deux camps à «s'engager dans une phase de négociations plus intensive et plus substantielle».

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