Syrie : un camp secret pour interner les combattants et déserteurs de Daesh ?

Photo ©REUTERS/Rodi Said
Photo ©REUTERS/Rodi Said

Alors que Daesh recule partout en Syrie, dans la zone où la Turquie s'appuie sur ce qu'il reste de l'Armée syrienne libre, Selon la BBC, près de 300 combattants seraient internés dans un camp dont l'existence a été tenue secrète jusqu'ici.

Quelque part dans le Nord de la Syrie, les «rebelles» appuyés dans cette région par la Turquie ont mis en place un camp afin d'emprisonner les déserteurs de Daesh ainsi que les combattants faits prisonniers. «Ceux qui ne veulent pas rejoindre leur famille ou qui ont commis des crimes», seront jugés selon la Charia, indique le commandant du camp Mohammad al-Ghabi.

Parmi les prisonniers, on trouve principalement des ressortissants d'Afrique du Nord, et du Moyen Orient, mais la BBC relève aussi la présence de Néerlandais, de Polonais et de Français.

Et si l'équipe de la BBC n'est pas parvenue à pénétrer dans l'enceinte du camp même elle s'est procuré des documents établissant que le camp dispose des équipements de base. Toujours selon les journalistes, qui n'ont pas révélé l'endroit exact mais évoquent un «village rural» du Nord de la Syrie, les prisonniers y seraient bien traités.

«Nous avons pour but de les réhabiliter», explique le commandant du camp, et aussi de «changer leur état d'esprit», explique-t-il, notant une forte augmentation du nombre des désertions dans les rangs de l'organisation terroriste Daesh. «Depuis six ou sept mois, Daesh s'effondre, selon les témoignages que nous rapportent les déserteurs», indique Mohammad al-Ghabi, pour qui les revers de Daesh dans le Nord de la Syrie sont dus à l'opération Bouclier de l'Euphrate, lancée par la Turquie fin août 2016.

Un camp tenu par l'évanescente Armée syrienne libre

Une allégeance pourrait permettre d'identifier les «rebelles» tenant le camp comme des membres se réclamant de l'Armée syrienne libre (ASL). Ces derniers sont en effet les partenaires privilégiés de l'armée turque dans le secteur qui s'est donnée pour but de sécuriser la frontière entre la Syrie et la Turquie, mais aussi d'évincer d'autres «rebelles», les Kurdes de Syrie. 

Seulement voila, depuis la montée en puissance de l'organisation salafiste et terroriste d'al-Nosra (rebaptisée Fatah al-Cham), l'Armée syrienne libre, au départ composée d'officiers de l'armée régulière syrienne ayant fait défection et se donnant comme n'ayant pas de crédo religieux, s'est désorganisée au point que les défections vers les groupes armés terroristes se sont multipliées. Rendant la frontière très floue entre terroristes et Armée syrienne libre, d'autant que certains groupes djihadistes n'ont pas hésité à se s'auto-proclamaient membres de l'ASL. 

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