Colombie : les autorités et les FARC signent un accord de paix après 50 ans de guerre

Colombie : les autorités et les FARC signent un accord de paix après 50 ans de guerre© Handout Source: Reuters

Après plus de cinquante ans de guerre civile et quatre ans de négociations, le conflit armé en Colombie a pris fin après la signature d’un accord de paix entre le président et le chef des guérilleros des FARC.

Une paix historique signée avec des stylos faits de cartouches

La signature de l'accord de paix s’est déroulée dans une ambiance solennelle dans la ville de Carthagène, en Colombie. Le président colombien Juan Manuel Santos et le commandant en chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Rodrigo Londono, ont signé ce document historique avec des stylos bien particuliers, car faits de munitions. Comme l'a fait remarquer le dirigeant colombien, l'idée était de symboliser ce passage de la violence à un nouvel avenir pour le pays. «Plus de guerre ! Plus de guerre ! Plus de morts pour une guerre absurde !», s’est exclamé Juan Manuel Santos.

Colombie : les autorités et les FARC signent un accord de paix après 50 ans de guerre© John Vizcaino Source: Reuters
Un stylo fait de cartouches

La couleur blanche est un autre symbole de paix en Colombie : les responsables et personnalités présents à la cérémonie étaient tout de blanc vêtus, et la place principale de Carthagène a été ornée de drapeaux blancs.

De nombreux dirigeants étrangers ont été invités à la cérémonie. Quinze présidents, vingt-sept ministres des Affaires étrangères et dix chefs d'organisations internationales, dont le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, ont assisté à la signature de paix historique qui met fin à une guerre longue de cinquante ans. Ban Ki-moon a félicité «tous ceux qui [avaient] rendu possible ce jour mémorable», estimant que l'accord «cré[ait] les conditions pour une paix durable».

Colombie : les autorités et les FARC signent un accord de paix après 50 ans de guerre© John Vizcaino Source: Reuters
Ban Ki-moon

L’accord en trois points 

Désarmement des guerilleros

Environ 7 000 combattants des FARC doivent déposer les armes dans les six mois à venir et réintégrer la société civile colombienne. Le gouvernement procède à des réformes pour aider ces anciens combattants : huit camps spéciaux seront établis pour la réintégration des rebelles. Les armes abandonnées seront répertoriées par l’ONU.

Cessez-le-feu

Les deux parties s’engagent à respecter le cessez-le-feu et ne pas perpétrer de violences. L’ONU surveillera le plein respect de cet accord.

Les FARC, désormais parti politique

Le chef des FARC Rodrigo Londono a indiqué que le mouvement ne renonçait pas à ses idéaux communistes mais lutterait désormais pour eux de manière pacifique. Cela est désormais possible : le mouvement devient en effet un parti politique, pour lequel dix sièges au parlement sont garantis (sur les 300 que composent l'assemblée).

Le référendum à venir

Le 2 octobre sera tenu un référendum dont dépend l'entrée en vigueur de l'accord et lors duquel les citoyens de la Colombie doivent approuver l’accord de paix. Selon les derniers sondages, les Colombiens se prononceraient en faveur de la paix. Pour que l’accord entre en vigueur, environ 4,4 des 33,8 millions de Colombiens doivent voter «oui».

Les Farc auront existé un demi-siècle

Les FARC sont apparus en 1964 lors d'une insurrection paysanne et comptent encore jusqu'à maintenant quelque 7 000 combattants armés. L’organisation a été qualifiée de terroriste par les Etats-Unis et l’UE et suspectée d’être liée à la contrebande de stupéfiants. Pendant ces cinquantes années de conflit, au moins 220 000 victimes ont été recensées. Les négociations entre les autorités colombiennes et les FARC ont duré quatre ans avant que les deux parties ne parviennent à un accord de paix.

Après la signature de l’accord, l’UE a annoncé retirer les FARC de la liste de groupes terroristes, alors que le secrétaire d’Etat américain John Kerry a de son côté déclaré que les Etats-Unis considéreraient cette option seulement après que l’accord n'entre en vigueur.

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