Mur entre l'Algérie et le Maroc : une vieille tendance régionale (CARTE)

Source: Reuters

Le mur en construction entre l'Algérie et le Maroc est le dernier né d'une longue série. La course à l’hermétisation des frontières ne date pas d'hier. Avant ce mur, d'autres fortifications ont essayé (sans succès) de régler les mêmes problèmes.

«Le rêve de l’intégration maghrébine a cédé la place au Maghreb des barbelés et des tranchées, plus rapides à ériger qu’une union régionale. Et cela ne concerne plus seulement le Maroc et son voisin de l’Est. La folie des barricades frappe, désormais, les autres pays», déplore Mohammed Jaabouk, journaliste pour le site d'information marocain Yabiladi.

Avant que ne soit érigé le mur de béton entre l'Algérie et le Maroc qui fait couler tant d'encre, d'autres pays ont succombé, sans succès, à la mode des murailles, espérant que ces fortifications pourraient régler leurs problèmes sécuritaires et limiter les trafics en tout genre passant par leurs frontières. 

Coûteux et inefficaces, plusieurs projets illustrent son propos. En Tunisie, le gouvernement, soucieux d'enrayer les infiltrations de groupes terroristes venus de Libye après le choc des attentats du Bardo et de Sousse en mars et juin 2015, avait ainsi entrepris la construction d’un mur de sable afin de s'isoler de son voisin libyen.

Problème : cette fortification rudimentaire n’a pas empêché des éléments de Daesh de prendre le contrôle de la ville de Ben Guerdane pendant quelques heures en mars dernier, située à seulement à 32 kilomètres de la frontière libyenne.

«La guerre de murs» dans le Magreb
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L'idée que Daesh puisse tenter un scénario similaire en Algérie ayant affolé les autorités, Alger a voulu anticiper... et a commandé la construction de tranchées de six mètres tout au long de sa frontière avec la Libye ! 

De fait, les arguments d'Alger et de Rabat, qui justifient le nouveau mur arguant qu'il permettra de lutter contre la contrebande, le trafic de drogue, l’immigration clandestine et le terrorisme, sont peu convaincants pour plusieurs raisons. D'abord, parce qu'une frontière en dur ne fera que «déplacer le problème» ; ensuite, parce que la course au renforcement des frontières entre le Maroc et l'Algérie n'est pas nouvelle et a déjà échoué.

En juillet 2013, l’armée algérienne avait creusé des tranchées le long de sa frontière avec le Maroc sur 700 kilomètres et en avril 2014, le Maroc commençait pour sa part la construction d’une clôture intelligente équipée de détecteurs électroniques sur 140 kilomètres. En août de la même année, l'Algérie annonçait son intention d’ériger une clôture grillagée...

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