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Pour Angela Merkel, l'Union européenne doit s'inspirer du contrôle aux frontières américain

Près d'un an après avoir annoncé sa politique d'accueil des réfugié, Angela Merkel propose s'inspirer du contrôle à la frontières des Etats-Unis pour maîtriser les flux migratoires et éviter les infiltrations de terroristes.

«Au niveau européen, nous devrions commencer à travailler avec un système de contrôle aux frontières électronique, sur le modèle américain. Ainsi, nous pourrions mieux savoir qui entre et qui sort de l'espace Schengen», a déclaré Angela Merkel au journal allemand Bild.

Interrogée par le quotidien allemand, la chancelière a tenu a défendre sa décision, le 4 septembre 2015, d’accueillir plusieurs centaines de milliers de réfugiés en Allemagne : «Ma politique n'était pas d'ouvrir les frontières pour tout le monde, mais de ne pas les fermer pour ceux qui marchaient déjà en direction de l'Allemagne», explique-t-elle.

Un choix politique lourd de conséquence, car en une année, un million de migrants ont déjà rejoint l'Allemagne et des milliers d'autres affluent dans les autres pays européens. Une crise migratoire qui s'est rapidement mue en crise politique : un certain nombre de gouvernements, notamment d'Europe centrale, se sont opposés à cette politique migratoire orchestrée par l'Allemagne. 

La chancelière allemande a aussi tenu à défendre l'accord signé entre l'Union Européenne et Ankara. Depuis mars 2016, Ankara s'est en effet engagé à stopper les flux de réfugiés qui tentent d'atteindre l'Europe et notamment la Grèce en passant par la Turquie, tout en permettant à un certain nombre de demandeurs d'asile de se rendre dans l'UE légalement. En échange, l'Union européenne a promis de financer une partie de cet accueil des migrants en versant 6 milliards d'euros à la Turquie, d'accélérer le processus d'intégration de la Turquie dans l'UE et d'exempter de visa les citoyens turcs dans l'espace Schengen. Un accord fragile, que la Turquie a menacé à plusieurs reprise de rompre, estimant que l'Union européenne ne tenait pas ses engagements. 

Au final, pour Angela Merkel, l'Europe sort renforcée de la crise des réfugiés. Cette dernière aurait permis d'améliorer le dialogue et la coordination entre pays européens. «Tout le monde doit contribuer à la politique migratoire européenne. Par exemple, la Pologne doit participer à la défense des frontières extérieures, dans la mer Egée», a-t-elle conclu. 

Ces déclarations interviennent alors que le parti conservateur de la chancelière, le CDU, fait face à des échéances électorales particulièrement difficiles et que la cote de popularité du chef du gouvernement ne cesser de baisser. Simultanément, l'hostilité à l'égard de la politique migratoire défendue par la chancelière augmente, notamment après la vague d’attaques de cet été qui comprend une attaque à la hache près la ville de Wurzburg et un attentat-suicide à Ansbach en Bavière. Des migrants ont été identifiés comme responsables de ces attaques, liées au terrorisme islamiste.