«Elle n'a pas son bac» : un député allemand démissionne après des révélations sur son cv

© Capture d'écran du site web du magazine Informer

Petra Hinz, élue du Parti social-démocrate (SPD), était membre du Parlement allemand depuis 2005. Des révélations récentes ont mis à jour que, contrairement à ce que dit son CV, elle n'avait jamais étudié le droit ni même obtenu son bac.

Selon la version de son CV qui se trouvait sur le site internet du Bundestag [la chambre basse du Parlement allemand] avant le début de la polémique, Petra Hinz dit avoir obtenu son «abitur» [équivalent du bac en Allemagne] en 1984. Elle prétendait également avoir étudié le droit et les sciences politiques, discipline dans laquelle elle aurait été diplômée d'Etat. 

Pourtant, le quotidien Der Westen, qui a réussi à se procurer des documents et photos du lycée dans lequel le député a prétendu avoir étudié, a indiqué qu'aucune Petra Hinz n'y avait jamais mis les pieds. Par ailleurs, contactée par le magazine allemand Informer, afin de préciser dans quels établissements scolaires elle avait obtenu ses diplômes, la députée a refusé de répondre.

Peu après, dans la rubrique opinion du magazine, le journaliste s'est fendu d'un article indiquant qu'«une personne qui n'a rien à cacher aurait tout de suite répondu à ces questions».

Le 19 juillet, après l'apparition de rumeurs de plus en plus fréquentes sur le passé de sa cliente, l'avocat du député a publié une déclaration sur son site internet afin de clarifier la situation.  

Il y confirme notamment que Petra Hinz a menti sur son parcours scolaire : elle n'a jamais étudié le droit et n'a même pas eu son «abitur».

Le 20 juillet, la pression est devenue si forte pour l'élue qu'elle a finalement présenté sa démission, après que la branche du SPD d'Essen, où elle exerce, a exigé qu'elle quitte immédiatement son siège au Bundestag.

Petra Hinz a été élue au Bundestag pendant 11 ans. Son profil a depuis été modifié pour supprimer toutes ses fausses déclarations. Par ailleurs, les représentants du SPD au Bundestag ont réclamé des sanctions rapides contre l'élue de 54 ans. 

© Capture d'écran du site du Bundestag

Sur son site Internet, l'avocat du député a présenté les excuses de sa cliente, assurant que la carrière politique de cette dernière avait «toujours été basée sur la sincérité et l'intégrité». 

«Elle est vraiment bouleversée car elle se rend compte qu'elle n'a jamais eu le courage de prendre ses responsabilités par rapport à ses propres mensonges. Elle demande sincèrement pardon à ses collègues, ses amis, sa famille et à tous ceux dont elle a trahi la confiance», conclut l'avocat de Petra Hinz.

Des rumeurs de mauvais traitements sur ses subordonnés 

Petra Hinz avait commencé à créer la polémique après que le bureau du SPD de la ville d'Essen a reçu une lettre anonyme qui lui était adressée, dans laquelle les auteurs, qui se présentent comme d'anciens collègues, accusent l'élue de s'être livrée à de mauvais traitements et à du harcèlement moral sur ses subordonnés tout en exerçant sur eux une terreur psychologique, rapporte Der Westen.

Sur son site, Petra Hinz a dénoncé une «diffamation calomnieuse de sa personne en tant que membre du Bundestag». 

CV trafiqué, plagiat, un fléau dans la politique allemande ?

Ce n'est pas la première fois qu'une affaire de ce genre créé la polémique outre-Rhin. En effet, en octobre 2015, la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, déjà soupçonnée de plagiat dans sa thèse de médecine, s'est retrouvée au centre d'une polémique concernant son parcours universitaire, la presse allemande mettant en doute certaines déclarations de son CV.

Sur son CV publié sur le site internet du gouvernement, la ministre affirmait avoir participé en 1993 à un programme universitaire de Stanford en qualité d'auditeur libre, ajoutant avoir travaillé comme analyste en 1995 au sein de l'administration hospitalière des services de santé de l'université. Ce qui s'est révélé faux.

En 2011, le ministre de la Défense Karl-Theodor zu Guttenberg, avait dû démissionner, soupçonné d'avoir plagié de nombreux passages de sa thèse. Annette Schavan, ministre de l'Education et proche de la chancelière, avait dû faire de même en février 2013. 

Silvana Koch-Mehrin, vice-présidente du Parlement européen, avait elle aussi été poussée à la démission en 2011 pour les mêmes raisons. 

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