JO de Rio : les finances de la police au plus bas, la sécurité en question

Un policier marche près d'une voiture de police à Rio de Janeiro © Ricardo Moraes Source: Reuters
Un policier marche près d'une voiture de police à Rio de Janeiro

A quelques semaines de l'ouverture des Jeux Olympiques, les finances de la police de Rio de Janeiro sont si mal en point que certains commissariats ont dû bénéficier de donations privées afin de subvenir à leurs besoins.

Le Brésil fait face à une si grave récession que le gouverneur par intérim de Rio a déclaré l'état d'urgence financier en juin, afin d'obtenir des crédits pour assurer la sécurité dans la ville lors des festivités sportives à venir. «Comment les gens vont-ils se sentir en sécurité sans sécurité ?», s'est interrogé le gouverneur Francisco Dornelles, tout en affirmant : «Nous pouvons avoir de superbes Jeux Olympiques, mais si certaines mesures ne sont pas prises, cela peut être un grand échec.»

La plupart des budgets des services de la ville ont été diminués. Et celui de la police n'a pas été épargné. Les hélicoptères sont cloués au sol et plus de la moitié des voitures de police restent au parking afin d'économiser l'essence.

Certains policiers ont même fait grève le 27 juin, et ont accueilli les passagers arrivant à l'aéroport avec une pancarte écrivant «Bienvenue en enfer. La police et les pompiers ne sont pas payés. Quiconque viendra à Rio de Janeiro ne sera pas en sécurité». Mais les responsables des Jeux restent optimistes et affirment que les problèmes financiers de Rio n'affecteront pas la sécurité durant les festivités sportives.

La situation est très précaire pour les policiers, à tel point que des associations font des collectes de biens, comme des serviettes en papier, des trombones, des stylos ou encore du papier toilette pour subvenir aux besoins des commissariats. Certains d'entre eux n'ont plus d'imprimantes en état de fonctionnement ou sont en rupture de papier, laissant les victimes d'agression ou de vol repartir les mains vides faute de pouvoir leur fournir leur procès-verbal.

«Nous avons atteint notre limite en terme de capacité opérationnelle, je ne peux écarter la possibilité d'un effondrement» a déclaré le chef de la police locale, Fernando Veloso. «Il est inconcevable d'envisager de nouvelles coupes budgétaires, ces coupes auront un impact sur notre but, qui est de servir la population».

85 000 policiers et soldats vont devoir assurer la sécurité de 350 000 à 500 000 étrangers durant les Jeux qui se tiendront du 5 au 21 août, dans une ville où les affrontements armés entre gangs et les agressions sont quotidiens. 

Lire aussi : Deux morts dans l’effondrement d’une piste cyclable toute neuve construite pour les JO à Rio

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Social comments Cackle
Enquêtes spéciales