Ce que l'on sait sur la disparition du vol MS804 Paris-Le Caire d'EgyptAir en six points

Source: Reuters

Le vol d’EgyptAir MS804 Paris-Le Caire, transportant 56 passagers et dix membres d’équipage, a disparu des radars après être parti de la capitale française le soir du mercredi 18 mai. La piste de l'attentat est celle qui tend à être privilégiée.

1. L'appareil

Le vol MS804 opéré par EgyptAir était un Airbus A320, un avion commercial considéré comme fiable et sur dans l’industrie pour effectuer des rotations sur des vols court et moyen-courriers.

Selon le communique de l’entreprise Airbus, l’appareil a été remis à EgyptAir il y a 13 ans et a accumulé quelque 48 000 heures de vol au total.

Le ministre égyptien de l’Aviation a certifié aux journalistes que l’avion se trouvait en bonne condition et avait passé avec succès tous les tests de sécurité.

En 2013, ce même appareil aurait connu un dysfonctionnement moteur, selon la chaîne SkyNews Arabia, citant une source de l’aviation civile égyptienne.  L’aéronef ayant décollé du Caire à destination d’Istanbul a dû rebrousser chemin et effectuer un atterrissage d’urgence.

Suite à la disparition de l'avion, la compagnie aérienne EgyptAir a changé la couleur de son logo en noir, en signe de deuil. Sur son compte twitter officiel, la couleur bleue a été remplacée par le noir et une image illustrant le numéro du vol perdu MS 804 y figure. Quant au site officiel, la couleur du logo reste la même mais le fond a été, lui aussi, changé pour le noir.

2. Les personnes à bord

Le vice-président d'EgyptAir Ahmed Adel a assuré dans une interview à la chaîne américaine CNN qu’il y avait 56 passagers, dont un jeune garçon et deux bébés, trois officiers de sécurité, deux pilotes et 5 membres d’équipage, soit 66 personnes au total. Il a aussi souligné qu’aucun signal de détresse n’avait été envoyé depuis l’avion disparu.

Parmi les passagers figuraient 30 Egyptiens, 15 Français, deux Iraquiens, et un ressortissant de chacun de ces pays : Royaume-Uni, Belgique, Koweït, Arabie Saoudite, Soudan, Tchad, Portugal, Algérie et Canada.

Le citoyen du britannique disposait aussi de la nationalité australienne, comme l'a confirmé la ministre des Affaires étrangères australienne, Julie Bishop.

«Nous travaillons étroitement avec les autorités britanniques qui ont pris en charge l'assistance consulaire de la famille de cet homme», a indiqué le ministère sur son site.

La compagnie aérienne insiste sur le fait que ses pilotes avaient une grande expérience : le capitaine comptait 6 275 heures de vol, dont 2 101 sur un A320, alors que le second avait à son actif 2 766 heures au compteur.

3. Où et quand le vol MS804 a disparu des radars

Le vol a quitté mercredi l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle à 23h09 et devait arriver vers 3 heures du matin jeudi. D’ordinaire, un vol direct prend environ quatre heures. Il se trouvait à 37 000 pieds d'altitude quand il a disparu des écrans radars, entre 48 et 64 km au nord de la côte égyptienne.

 

«Une source informée d’EgyptAir a indiqué que le vol numéro MS804 a perdu le contact avec les appareils radars à 02H45, heure du Caire», a écrit sur son compte Twitter la compagnie aérienne, précisant que l'avion avait disparu des radars «après avoir pénétré l'espace aérien égyptien sur 16 kilomètres».

 

Des rapports préliminaires ont suggéré que l’avion s’est abimé à 130 miles de l’ile grecque de Karpathos, selon l’AFP.

 

 4. Un attentat plutôt qu’un problème technique

Une analyse des images satellites du vol d’EgyptAir effectuée par différentes agences américaines, n’a montré aucun signe d’explosion de l’avion, selon le témoignage de plusieurs officiels à l’agence de presse Reuters.

Selon le Premier ministre égyptien, la possibilité de la piste terroriste n'est «pas à exclure». Le ministre des Affaires étrangère français Jean-Marc Ayrault a rapidement annoncé que Paris allait envoyer des avions et des navires pour aider aux recherches de l'appareil.

Un expert en aviation civile, Geoffrey Thomas, a confié à RT que le système de sécurité de Roissy était bon mais pas infaillible : «La chose que craignent les autorités par dessus tout, c’est un coup monté de l’intérieur, lorsqu’un employé de l’aéroport peut être associé à certains groupes.»

«Il y a toujours la possibilité de faire passer quelque chose à bord», a-t-il ajouté.

D’après les révélations de plusieurs médias, il y a eu de sérieuses failles de sécurité dans les deux prinicpaux aéroports parisiens, quand des douzaines d’employés ont été soupçonnés de sympathie ou de liens présumés avec des organisations islamistes.

 

5. La découverte de possibles débris

Alors que tous les moyens possibles ont été alloués aux opérations de recherche, une frégate grecque aurait découvert des débris, «au Sud-Est de la Crète, dans le périmètre établi par Le Caire», a indiqué un porte-parole de l’armée grecque Vassilis Beletsiotis, cité par l’AFP.

 

Les débris seraient «en plastique» et «des objects de couleur rouge et blanche», a rapporté Reuters, citant des sources de la Défense grecque. La télévision grecque d’Etat TV ERT a aussi indiqué que des débris «de couleur orange» et des gilets de sauvetage out été repérés dans la même zone.

Après quelques heures d'incertitudes, le ministère des Affaires étrangères égyptien a annoncé vendredi 20 mai la découverte de débris de l’avion disparu près de l’île de Karpathos, lit-on sur le site officiel de la compagnie aérienne.

6. Une collaboration internationale 

Une cellule de crise a été activée à l'aéroport de Roissy dès l’annonce de la perte de l’appareil. Côté égyptien, la compagnie Egyptair a annoncé dans un communiqué que les familles des passagers étaient prises en charge au Caire. Des médecins, des traducteurs ainsi que tous les moyens nécessaires ont été déployés.

 

François Hollande a présidé, dans la matinée du jeudi 19 mai à l'Elysée, une réunion interministérielle de crise sur la disparition de l'avion. Il s'est par ailleurs entretenu avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

EgyptAir a confirmé que les autorités avaient rapidement été informées de la disparition de l’avion non loin de la Grèce. Une équipe égyptienne a joint les secours grecs afin de partager ses informations dans le but de localiser l’avion.

Le Bureau d'enquêtes et d'Analyses (BEA) a dépêché trois enquêteurs au Caire accompagnés d'un conseiller technique d'Airbus afin de participer à l'enquête de sécurité autour de la disparition de l’appareil.

Vendredi 20 mai, le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a affirmé vendredi qu'il n'y avait «absolument aucune indication sur les causes» du crash de l'avion d'EgyptAir, pour lequel les autorités égyptiennes ont évoqué un possible acte terroriste.

«Toutes les hypothèses sont examinées mais aucune n'est privilégiée, car nous n'avons absolument aucune indication sur les causes», a déclaré le ministre français sur la chaîne de télévision France 2, ajoutant qu'il réunirait samedi les familles des passagers et les représentants de l'Etat «pour donner le maximum d'informations en toute transparence.»

Parlant sous condition d’anonymat, des responsables américains ont souligné que les Etats-Unis n’avaient pour l’instant écarté aucune hypothèse quant à la cause du crash, niant que Washington privilégie la thèse de la bombe. Le problème mécanique, le terrorisme, ou l’acte délibéré du pilote ou d’un membre de son équipage, resteraient donc toujours sur la table.

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