Manif contre le coup d'Etat au Brésil sur le tapis rouge de Cannes

© capture d'écran : Twitter

L'équipe du film brésilien «Aquarius» en compétition à Cannes et un groupe auto-proclamé «L’Humanité contre le coup d’Etat au Brésil», condamnent la destitution de la présidente brésilienne Dilma Roussef par des éléments de l’extrême-droite.

Sur les marches du Palais du festival de Cannes, le 16 mai, l’équipe du film brésilien Aquarius a voulu montrer au monde que la destitution de Dilma Rousseff était pour eux un acte politique très grave. Lors de la projection officielle du film en compétition, le réalisateur Kleber Mendonça Filho et ses acteurs ont brandi des panneaux pour dénoncer le «coup d'Etat» qui a eu lieu au Brésil. Dans la salle, le reste de l'équipe avait aussi déployé une banderole «Stop coup in Brasil» et des petites pancartes disant : «Le Brésil n'est plus une démocratie» et «On va résister». Le public a réagi en les applaudissant à tout rompre.

Rappelons que la présidente brésilienne Dilma Rousseff a été destituée par un vote des sénateurs dans la nuit du 11 au 12 mai 2016, mettant fin à 13 années de pouvoir du Parti des travailleurs. En attente d'un procès pour «crime de responsabilité», elle a été remplacée ad interim par son vice-président et grand rival, Michel Temer. Dans un tweet, Dilma Rousseff a remercié l'équipe du film Aquarius de ce soutien :

Échos internationaux de l'indignation

Par ailleurs, un groupe de plus de 800 intellectuels internationaux nommé «L’Humanité contre le coup d’Etat au Brésil a demandé à l’UNASUR [l’Union des nations sud-américaines composé de 12 pays membres] pour suspendre les effets de ce coup d’Etat mené par «un congrès discutable et corrompu. Pour tout ce que les membres de ce coup ont révélé, et pour leurs liens avec la haute finance, le coup ayant mis Michel Temer au pouvoir est illégitime et illégal», clame son communiqué. Ils sont très nombreux sur Twitter à offrir leur soutien à la pésidente déchue.

Plusieurs membres du Parti du Mouvement démocratique du Brésil, dont le nouveau président Michel Temer est le leader, sont impliqués dans le pire scandale de corruption de toute l’histoire du Brésil, surnommé l’Opération «Car Wash» [Lavage de voiture]. Un scandale de blanchiment et de pots de vin portant sur plusieurs millions de dollars, touchant la compagnie pétrolière nationale Petrobras.

Le nouveau président n’est pas directement impliqué lui-même dans ce gigantesque scandale, mais il souhaite limoger au moins 4 000 fonctionnaires et vient d’annoncer que son nouveau cabinet était entièrement constitué de «blancs». En outre, sept de ses ministres font actuellement l'objet d'une enquête pour leur rôle dans le scandale de corruption «Car Wash».

«Nous faisons appel à l’UNASUR pour appliquer le protocole de respect de la démocratie adopté par tous les pays de l’organisation, qui pourrait arrêter la destruction de la démocratie au Brésil», réclame le communiqué diffusé par le groupe de 800 intellectuels.

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