TAFTA : après les révélations, Bruxelles regrette des «malentendus», les réactions fusent

Conférence de presse de Juergen Knirsch, Volker Gassner et Stefan Krug membre de Greenpeace qui présentent ce 2 mai 2016 une copie du rapport des négociations sur le TAFTA à Berlin Source: Reuters
Conférence de presse de Juergen Knirsch, Volker Gassner et Stefan Krug membre de Greenpeace qui présentent ce 2 mai 2016 une copie du rapport des négociations sur le TAFTA à Berlin

La Commission européenne a regretté le 1er mai des «malentendus» après la diffusion par Greenpeace de documents confidentiels sur le traité de libre-échange transatlantique (TAFTA) qu'elle négocie avec les Etats-Unis.

La Commission européenne a assuré que l'UE n'accepterait «jamais» d'abaisser ses normes en matière de protection des consommateurs ou de l'environnement. «Aucun accord commercial de l'UE n'abaissera jamais notre niveau de protection des consommateurs, de sécurité alimentaire ou de protection de l'environnement», a affirmé sur son blog la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström.

«Un accord de l'UE ne peut changer la législation que pour la renforcer»

«Les accords commerciaux ne changeront pas nos lois sur les OGM ni sur la façon de produire de la viande de boeuf en toute sécurité, ni sur la façon de protéger l'environnement», a-t-elle insisté. «Je ne suis pas de celles qui vont abaisser les normes», a-t-elle ajouté, soulignant que les documents publiés le 1er mai par l'ONG Greenpeace «ne traduisent pas ce qui résultera de la négociation» en cours et regrettant donc «un certain nombre de malentendus».

L'ONG écologiste affirme que les 248 pages de documents confidentiels du projet d'accord représentent deux-tiers du texte du futur traité de libre-échange, assurant que ces pages «confirment les menaces sur la santé, l'environnement et le climat». «Ils reflètent les positions de négociation de chaque partie, rien d'autre», estime au contraire Cecilia Malmström, «et ce n'est une surprise pour personne qu'il y a des domaines où l'UE et les Etats-Unis ont des points de vue différents».

«Dans certains domaines, où nous sommes encore trop éloignés les uns des autres dans la négociation, il n'y aura tout simplement pas d'accord», a-t-elle encore déclaré. Et de marteler : «Un accord de l'UE ne peut changer la législation que pour la renforcer. Nous pouvons tomber d'accord avec un partenaire pour renforcer les règles entourant, par exemple, la sécurité des médicaments mais pas pour les affaiblir».

«L'opacité» du processus de décision

Du côté des personnalités politiques, le candidat à l'élection présidentielle française, Jean-Luc Mélenchon, a critiqué «l'opacité» du processus de décision sur ce traité de libre-échange que les révélations de Greenpeace mettent en lumière .

L'ancienne ministre française de l'Ecologie, Corine Lepage, et l'eurodéputé du Front national (FN), Sophie Montel, ont toutes deux remercié Greenpeace pour ses révélations.

Le chef de la délégation du Parti socialiste (PS) français au Parlement de Strasbourg, Marc Tarabella, a préféré réaffirmer l'opposition de son parti à la signature d'un tel accord.

L'acteur américain Mark Ruffalo a critiqué de son côté un démembrement des protections des citoyens européens et du monde.

Depuis la mi-2013, les Etats-Unis et l'Union européenne tentent de parvenir à un accord qui supprimerait les barrières commerciales et douanières aux échanges. Mais sa conclusion rencontre des résistances croissantes dans la société civile et auprès de certains dirigeants politiques. Le président américain Barack Obama souhaiterait parvenir à un accord d'ici la fin de l'année avant de quitter la Maison Blanche, pour faire place à son successeur qui sera élu en novembre.

Lire aussi : A droite comme à gauche, les appels aux référendums sur la TAFTA se multiplient en Europe

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