Sevran, la ville la plus touchée par le départ de Français vers Daesh

La ville de Sevran Source: AFP
La ville de Sevran

Depuis 2014, 15 jeunes hommes ont quitté la ville française de Sevran, en banlieue parisienne, pour aller se battre en Syrie et en Irak pour le compte de l'Etat islamique. Six y sont décédés.

Cette ville de Seine-Saint-Denis est une des plus touchées par le départ de jeunes Français, qui ont la volonté de rejoindre les rangs de l'Etat islamique, rapporte politico.eu. Ces 15 jeunes hommes ont des histoires familiales très diverses. Ils sont originaires d'Algérie, du Maroc, de Mauritanie et d'Haïti, à l'image de la ville de Sevran où se cotoient plus de 70 nationalités.

Certains ont été élevés dans des familles musulmanes tandis que d'autres sont des convertis, quelques-uns ont grandi dans de grandes cités construites après-guerre et d'autres ont parfois reçu une éducation dans l'enseignement privé.

Un «immobilisme» du maire de la ville ?

Véronique et Thierry Roy qui vivent à Sevran mènent un combat contre le départ des jeunes Français attirés par l'extrémisme islamique depuis 2014, date à laquelle leur fils, Quentin Roy est parti en Irak rejoindre l'Etat islamique. Il en est devenu un des «martyrs». Ses parent accusent directement le maire de la ville, Stéphane Gatignon, d'être responsable de ces départs.

Ils sont les seuls à avoir rendu publique la mort de leur fils comme djihadiste. La plupart ne parlent pas car «ils ont peur d'être accusés par les autorités et ils ne veulent pas être jugés par la communauté», rapporte Véronique Roy. «Nous, parents dans le chagrin à la suite du décès de l'un de nos enfants en Syrie, indignés par votre immobilisme», avaient écrit Véronique et Thierry Roy dans une lettre ouverte adressée à l'élu de la ville.

La «mosquée de Daesh» enfin fermée

Le maire Stéphane Gatignon affirme pour sa défense avoir tout fait pour mettre un terme aux agissements des recruteurs djihadistes à Sevran. Il accuse l'Etat. «Le gouvernement n'a aucune idée de ce qu'il se passe sur le terrain. Il y a une déconnection totale entre ce qu'il se passe dans les bureaux parisiens et ce qui arrive dans la réalité», se défend-il.

La plupart des jeunes Sevranais qui sont partis en Irak et en Syrie fréquentaient un lieu de prière informel connu sous le nom de «mosquée de Daesh». Stéphane Gatignon avait indiqué avoir demandé à l'Etat de fermer le lieu n'ayant pas l'autorité, en tant que maire, pour le faire lui-même. Elle a été définitivement fermée en mars dernier.

En 2011, devant la recrudescence des violences liées au trafic de drogue dans sa ville, Stéphane Gatignon avait appelé à une intervention des casques bleus de l'ONU. A Sevran, 40% des jeunes adultes sont officiellement sans emploi. Le gouvernement a récemment placé la ville sur la liste des 12 «quartiers défavorisés» rencontrant de graves problèmes sociaux. Aujourd'hui, le maire de Sevran prétend que les banlieues «risquent d'exploser». Elles pourraient revivre la situation au moment des émeutes de 2005, selon lui, quand des couvre-feux avaient été mis en place dans certaines communes face aux débordements entre jeunes et forces de l'ordre.

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