EN CONTINU : réactions politiques à la pétition de RT appelant à défendre les Kurdes turcs

La ville de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, après des combats entre les militants kurdes et les forces gouvernementales Source: Reuters
La ville de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, après des combats entre les militants kurdes et les forces gouvernementales

Alors que RT a lancé une pétition pour réclamer à l’ONU l’ouverture d’une enquête sur les exactions de la Turquie contre les civils dans les régions kurdes du pays, les réactions se multiplient à travers le monde entier suite à cette initiative.

  • «La façon dont le régime d’Erdogan traite ses propres citoyens, les Turcs, aussi bien que les journalistes, la liberté de parole et toutes les valeurs occidentales – nous voyons clairement qu’il était une erreur de se mettre dans la même barque qu'Erdogan. Il n’est pas un bon allié», estime un député belge Gerolf Annemans.

    «Sur fond de manque total de respect aux valeurs occidentales de la part d’Erdogan, je voudrais appeler à la cessation de cette alliance avec la Turquie. Qu’Erdogan paie le prix pour ses violations des droits de l’homme», a martelé l’élu, interrogé par RT.

  • «Même si la Turquie affirme que son opération militaire ne vise que le PKK [Parti des travailleurs du Kurdistan], il est évident que ses exactions ne s’arrêtent pas là. Les civils se retrouvent aussi sous le coup [des manœuvres de l'armée]», a regretté Nidal Kabalan, ancien ambassadeur syrien à Ankara, dans une interview à RT.

    «Cela me semble une conséquence logique de la politique d’Erdogan, […] de sa politique visant à réprimer les libertés des minorités turques», a conclu l’ancien diplomate.

  • Peter Ford, ancien ambassadeur britannique en Syrie a trouvé «déplorable» le fait qu’Erdogan massacre son propre peuple de la manière documentée par le reportage de RT sur les Kurdes de Cizre.

    «Dans cette affaire, le silence du gouvernement britannique et d’autres gouvernements occidentaux et instituions, qui s’empressent de dénoncer les violations présumées contre le peuple de la Syrie attribuées au président Assad, est presque aussi déplorable», a-t-il expliqué, en critiquant la politique du deux poids de mesures.

  • L’homme politique belge Gerolf Annemans, interrogé par RT, a qualifié Ankara de «faux ami» et a estimé que c’est le lien de l’Occident avec le régime turc montre qui empêche les Européens de voir clairement ce que la Turquie fait aux Kurdes, à la liberté d’expression ainsi qu’aux valeurs occidentales.

    «Nous voyons clairement aujourd’hui que c’était un échec d’aller dans le même bateau qu’Erdogan [le président turc]. Faisons M. Erdogan payer le prix pour la façon dont il traite les êtres humains», a-t-il conclu.

    Gerolf Annemans
    Gerolf Annemans

  • «La Turquie ne commet pas seulement de crime contre les Kurdes, mais contre l’humanité et l’avenir du pays au sein de l’UE. Ce n’est pas surprenant que ce pays n’a pas rejoint la Cour pénale internationale», selon Costas Mavrides, député grec au Parlement européen.

  • Les Kurdes doivent avoir la possibilité de s’exprimer eux-mêmes sur la question de leur maintien au sein de la Turquie, a déclaré à RT l’ancien maire de Londres, Ken Livingstone : «Depuis cent ans, nous avons les Kurdes au sein d’une Turquie dans laquelle ils ne veulent pas être. […] Je crois que le gouvernement turc doit faire la même chose que ce que la Grande-Bretagne a fait à l’égard de l’Ecosse qui a voulu partir, nous avons organisé un référendum pour prendre cette décision», a expliqué l’ancien responsable.

    Ken Livingstone © RT
    Ken Livingstone

  • «Si la Turquie ne veut pas que la ‘carte kurde’ soit jouée contre elle, elle peut rendre vides les revendications kurdes en changeant sa politique, de sorte que les droits des Kurdes turcs soient reconnus à la même hauteur que ceux des autres citoyens turcs», a estimé Cynthia McKinney, une ancienne élue du Congrès américain, en répondant à RT.

    «Le fait que la Turquie ne souhaite pas le faire, et choisisse de massacrer les Kurdes habitant au sein de ses frontières, place la Turquie en position de violation de la loi internationale pour crime contre l’humanité et sous l’examen sérieux de génocide», a déclaré l’ancienne responsable.

  • «L’état turc profite du conflit en Syrie pour engager une guerre militaire contre les Kurdes», a estimé dans une interview à RT France Edouard Ferrand, député européen (FN) et membre de la Commission du Parlement européen pour les relations UE-Turquie. Tout en soulignant que les régions kurdes font partie de l’Etat turc, le responsable a noté qu’il «dénonçait les agissements [d’Ankara]» contre la population kurde.

    En abordant le sujet des relations entre Ankara et Bruxelles, le responsable a dénoncé le processus d’intégration entre la Turquie et l’UE qu’il faut «arrêter», selon lui. Alors que le président turc «a mis à genoux l’Europe devant ses désirs d’impérialisme», en «imposant» à l’UE ses demandes, le pays bénéficie du soutien des Etats-Unis, qui «jouent un jeu favorable à la Turquie contrairement aux intérêts de l’Europe», a encore estimé le député.

En savoir plus : une pétition demande à l'ONU une enquête sur les exactions turques

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