Affaire Sharapova : ce qu'il faut savoir sur le meldonium, la substance à l'origine du scandale

© Ints Kalnins Source: Reuters

Lors d’un test antidopage sur Maria Sharapova, la star russe du tennis mondial, des traces de meldonium ont été retrouvées dans son sang. Le créateur de ce produit le qualifie de simple médicament, largement répandu dans les pays d’Europe de l’Est.

Le meldonium a été développé à l’institut letton de synthèse organique en 1975, à Riga. La substance, utilisée dans les pays d’Europe de l’Est, se vend sous le nom de «mildronate», médicament prescrit pour le traitement préventif de l’infarctus.

En 2012, le meldonium a été ajouté à la liste des «médicaments de première nécessité», pour lesquels le gouvernement russe établit un plafond de prix afin d’assurer son accessibilité pour le plus grand nombre. Cependant, à partir du 1er janvier 2016, il a été a été inclus à la liste de l'Agence mondiale antidopage (AMA) des substances interdites S4 – «hormones et modulateurs du métabolisme».

Près de deux millions de personnes, y compris des sportifs, utilisent chaque année le meldonium en tant que remède, «ce n’est pas un produit dopant», a annoncé l’inventeur de la substance, le professeur letton Ivars Kalvins.

«L’interdiction du meldonium pour le traitement préventif des sportifs est une bêtise et une absurdité absolues, a estimé Ivars Kalvins. «Ce n’est pas un produit dopant mais un médicament qui protège les sportifs en cas d’efforts trop intenses et répétés, quand les cellules du cœur et des muscles commencent à mourir.»

Pourquoi la sportive russe a-t-elle recouru à son utilisation ?

Le 7 mars, la star du tennis mondial a annoncé lors d’une conférence de presse à Los Angeles avoir été contrôlée positive à un test antidopage, lors duquel du mélodium a été découvert dans son sang. L’information a été confirmée par la Fédération international de tennis.

Maria Sharapova a expliqué qu’elle en consommait depuis dix ans, après avoir été victime de problèmes de santé récurrents. Elle était alors en proie à une carence de magnésium et du diabète avait été diagnostiqué dans sa famille.

«Ces dernières dix années je consommais le médicament appelé «mildronate» que m’avait prescrit mon médecin. Quelques jours après la lettre, j’ai appris que la substance avait un autre nom – le meldonium, ce que je ne savais pas. Au cours de ces dix années, il ne rentrait pas dans la liste interdite et je le consommait légalement, mais à partir du 1er janvier, les règles ont changé et il est devenu interdit», a-t-elle expliqué.

D’autres sportifs contrôlés positifs

Il est à noter que Maria Sharapova n’est pas la seule à avoir consommé cette substance. Depuis le passage du meldonium sur la liste des produits dopants, plus d’une dizaine de sportifs ont été contrôlés positifs.

Il s’agit de six lutteurs géorgiens, dont des médaillés du championnat de Géorgie 2016 en lutte gréco-romaine, la patineuse russe Ekaterina Bobrova, championne olympique par équipe en 2014, la Suédoise Abeba Aregawi, championne du monde 2013 du 1 500 m et d’autres encore.

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