Une jeune israélienne emprisonnée puis libérée après avoir refusé de faire son service militaire

Jeune soldate israélienne après une marche d'entraînement Source: Reuters
Jeune soldate israélienne après une marche d'entraînement

Israël connaît une polémique suite à la libération d’une jeune femme ayant refusé de faire son service militaire, en protestation de la politique gouvernementale d’occupation. Tair Kaminer a été qualifiée de traitre par plusieurs de ses concitoyens.

Après avoir passé 20 jours dans une prison militaire, la jeune fille âgée de 19 ans refusant de servir sous les drapeaux de son pays a été finalement libérée. Une équipe de RT s’est rendue sur place pour s’entretenir avec ses proches.

Micha Kaminer, le père de la jeune récalcitrante© Capture d'écran, vidéo RT
Micha Kaminer, le père de la jeune récalcitrante

«Je crois que c’est stupide de la part du gouvernement et des autorités militaires de forcer les gens à agir en contradiction de leurs convictions», a fait savoir Micha Kaminer, le père de la jeune récalcitrante, qualifiant de «scandale» le fait que sa fille a été mise en prison pour s’opposer à l’occupation des territoires palestiniens et pour vouloir faire un service alternatif. Sa mère Sibil Goldfiner demeure très fière de sa fille, qui selon elle a montré beaucoup de courage pour son âge.

D’après la jeune fille, c’est son expérience en tant que bénévole avec des enfants traumatisés par la guerre qui l’a poussée à ne pas rejoindre les forces israéliennes de Défense. Mais dans un pays où le service militaire est obligatoire, Tair Kaminer a été taxée de «traitre» et de «parasite».

La même aventure est arrivée à Sahar Vardi qui a effectué plusieurs peines de prison pour avoir refusé de s’enrôler. «Après avoir vu à quoi ressemblait l’occupation, je me suis rendue à l’évidence que je n’aimerais pas faire partie des forces qui l’appliquent».

Quant à l’histoire de Tair, elle s’est propagée à travers le monde à un rythme impressionnant grâce aux réseaux sociaux. Même le Parlement britannique a exprimé son inquiétude sur le cas.

Entretemps, ses partisans ont envoyé des centaines de lettres aux autorités israéliennes pour demander sa libération. Et des dizaines d’entre eux se sont réunis pour manifester devant l’établissement pénitentiaire où elle était retenue.

Son avocat Noa Levy a expliqué que la jeune fille espère que son «refus de faire son service conduira le plus grand nombre possible de jeunes à étudier la vraie signification politique qu’implique le service militaire».

Cependant le gouvernement ne traite pas de tels objecteurs de conscience à la légère. «Refuser d’obtempérer doit être puni et s’en servir pour exprimer de fausses accusations n’est pas valable», a souligné le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.

Dans le même temps, certains s’inquiètent que l’attention qu’elle attire pourrait en encourager d’autres. «Au bout du compte, c’est un pays démocratique et chacun a le droit d’être critique mais il y une bonne manière de faire les choses. Ce qu’elle a fait est illégal. Et si on essaye de légitimer son attitude, cela signifiera qu’on encourage une conduite illégale», a noté Avichai Shorshan, co-fondatrice de «My Truth», organisation dédiée au rassemblement de témoignages des soldats de Tsahal afin de combattre la diffamation au sein de l’armée israélienne.

Tair Kaminer dispose maintenant de quelques jours pour profiter de sa famille avant de retourner enfiler l’uniforme militaire. Si Tair décide de nouveau à prendre la clé des champs, elle se retrouvera derrière les barreaux pour un autre mois.

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