Turquie : des Kurdes brandissant un drapeau blanc auraient été pris pour cible (VIDEO)

© Capture d'écran, imctv.com.tr

Une caméra a filmé un incident dans lequel plusieurs civils portant un drapeau blanc ont été pris sous la mitraille. Les victimes seraient des Kurdes de la ville de Cizre, où ils ont été présument ciblés par les troupes turques.

Une série de courtes vidéos publiées sur les réseaux sociaux montre un cortège de personnes marchant le long d’une rue, poussant un chariot avec ce qui apparait être deux corps recouverts. Les murs des bâtiments alentour sont parsemés d’impacts causés probablement par des balles. Un char est visible au loin.

On entend ensuite la fusillade débuter, alors que les gens se sauvent pour se mettre à l’abri.

D’autres enregistrements font preuve de plusieurs personnes gisant dans leur sang, immobiles par terre, avec des halètements et des cris d’horreur en fond sonore.

Le lieu du drame serait la ville kurde de Cizre, ce qui semble cohérent au vu d’un graffiti en langue turque visible dans la vidéo et la présence d’une boutique de glaces de marque «Algida», qui n’existe qu’en Italie, Europe de l’Est et Turquie.

RT n’a pas pu vérifier immédiatement les circonstances de la fusillade. Selon une première hypothèse, les civils kurdes ont été abattus par l’armée turque, impliquée dans la répression qu’Ankara mène dans le sud et le sud-est du pays.

L’autre version suppose que des militants kurdes se trouvaient parmi les civils et ont ouvert le feu sur les Turcs, provoquant leur réponse. Cependant, la vidéo suggère qu’aucun homme armé n’est présent dans la foule.

Le gouvernement turc a lancé en août une opération militaire dans les régions de majorité kurde, imposant des couvre-feux et affrontant les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme une organisation terroriste dans le pays. Au moins 150 civils et des centaines de combattants des deux côtés sont tombés dans le conflit.

La répression a été qualifiée par des organisations des droits de l’Homme de disproportionnée et jugée comme une forme de peine collective contre les Kurdes. Plus tôt dans la semaine, Amnesty International a fait savoir qu’Ankara troublait la vie de 200 000 personnes vivant dans ces régions affectées par la déstabilisation des services de base, restreignant leur liberté de mouvement et menant des opérations de combat dans les zones résidentielles.

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