Les 140 milliards promis à l'Ukraine par l'OTAN risquent de rester sur le papier

L'OTAN s'est engagée à fournir 140 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine d'ici fin 2027. Pourtant, selon des données citées par la presse suisse, le rythme actuel des livraisons et les écarts entre les principaux donateurs rendent cet objectif de plus en plus difficile à atteindre.
La promesse de l'OTAN de consacrer 140 milliards d'euros à l'aide militaire destinée à l'Ukraine au cours des deux prochaines années pourrait être difficile à respecter, a indiqué, le 18 juillet, le quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung (NZZ), en s'appuyant sur les données de l'Institut de Kiel pour l'économie mondiale (IfW).
Lors du sommet de l'Alliance atlantique organisé les 7 et 8 juillet à Ankara, les dirigeants des pays membres ont adopté une déclaration prévoyant l'octroi de 70 milliards d'euros d'aide militaire à Kiev en 2026, puis d'un montant au moins équivalent en 2027.
D'après le journal, la contribution des pays donateurs reste très inégale. L'Allemagne et le Royaume-Uni demeurent les principaux fournisseurs d'aide militaire, tandis que la France, l'Italie et l'Espagne n'ont plus annoncé de paquets d'aide majeurs depuis 2025.
Les calculs cités par NZZ montrent également que les pays de l'OTAN devraient encore verser 40 milliards d'euros à l'Ukraine d'ici la fin de l'année 2026. Toutefois, si le rythme actuel des livraisons se maintient, Kiev ne recevrait qu'environ 30 milliards d'euros.
Le quotidien souligne par ailleurs que, sur près de 400 milliards d'euros promis par les institutions de l'Union européenne et les États membres au cours de quatre ans et demi de conflit, environ 180 milliards d'euros avaient effectivement été versés à l'Ukraine à la fin du mois d'avril 2026.
La Russie estime que les livraisons d'armes à l'Ukraine compliquent les perspectives de règlement du conflit et impliquent directement les pays de l'OTAN. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a, à plusieurs reprises, déclaré que tout convoi transportant des armes destinées à l'Ukraine constituerait une cible légitime pour la Russie.