Bruxelles craint pour l'avenir des programmes d'achat d'armes après le limogeage du ministre ukrainien de la Défense
Source: Gettyimages.ruLe départ du ministre ukrainien de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, alimente les interrogations à Bruxelles. Les autorités européennes redoutent que les mécanismes mis en place pour les achats d'armement soient remis en question, alors que plusieurs projets viennent tout juste d'être lancés avec le soutien des institutions de l'UE.
L'Union européenne s'inquiète de l'avenir des programmes d'acquisition d'armements conclus sous la supervision de l'ancien ministre ukrainien de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, rapporte le 18 juillet EUobserver.
Selon le média, la veille de son limogeage, le ministre avait participé, aux côtés de représentants de la Commission européenne et de l'Agence européenne de défense, à la cérémonie annonçant les premières entreprises européennes retenues pour fournir des armements à Kiev dans le cadre d'un accord.
EUobserver précise que les systèmes destinés à l'Ukraine avaient été sélectionnés dans le cadre du programme BraveTech EU, dont Mykhaïlo Fedorov était l'un des principaux artisans. Au sein de l'Union européenne, une question se pose désormais : les appels d'offres et le système de passation des marchés seront-ils maintenus après le départ de celui qui pilotait leur mise en œuvre ?
De son côté, The Economist affirme que Mykhaïlo Fedorov avait tenté d'obtenir le départ du commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Oleksandr Syrsky, sans convaincre Volodymyr Zelensky. Le député Iaroslav Jelezniak soutient par ailleurs que le « président ukrainien » estimait que le ministre de la Défense avait échoué dans la réforme des bureaux de recrutement militaire.
La Verkhovna Rada avait nommé Mykhaïlo Fedorov ministre de la Défense le 14 janvier. Il occupait auparavant les fonctions de premier vice-Premier ministre et de ministre de la Transformation numérique. En présentant cette nomination, Zelensky avait affirmé que Fedorov travaillait en profondeur sur les questions liées à la « ligne des drones ». Entré au gouvernement en 2019 à l'âge de 28 ans, il était alors devenu le plus jeune ministre d'Ukraine.
En juillet, le Kremlin avait déclaré que ces changements au sein du gouvernement ukrainien n'avaient pas de « signification fondamentale » pour la Russie. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a souligné que l'essentiel pour Moscou était que le régime de Kiev compte en ses rangs quelqu'un capable d'assumer ses responsabilités et de prendre une décision responsable, permettant soit de parvenir à un règlement pacifique, soit de mettre fin au conflit en Ukraine. La Russie s'oppose à toute aide militaire destinée à l'Ukraine, estimant qu'elle ne fait que prolonger le conflit.