Jour 56 de la guerre en Iran : Trump n'a pas l'intention de recourir aux frappes nucléaires
Source: Gettyimages.ruLe président américain Donald Trump a réagi violemment à la question d'un journaliste qui lui demandait si ses menaces de détruire la civilisation iranienne signifiaient qu'il était prêt à utiliser une arme nucléaire, qualifiant la question de «stupide». Pourtant, la situation reste tendue, les prix du pétrole dépassant 106 dollars le baril.
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Trump change d'avis : « une civilisation entière » ne mourra pas
Le 23 avril, à la Maison Blanche un journaliste a rappelé au président américain son avertissement du 7 avril selon lequel « une civilisation entière mourra ce soir, sans jamais pouvoir être ressuscitée » si Téhéran n'acceptait pas ses conditions. Une remarque largement condamnée comme apocalyptique et potentiellement génocidaire.
« A quoi bon poser une question aussi stupide ? Pourquoi utiliserais-je une arme nucléaire alors que nous les avons totalement, de manière très conventionnelle, décimés sans cela ? Non, je ne l'utiliserais pas », a déclaré Trump, ajoutant qu'une « arme nucléaire ne devrait jamais être utilisée par quiconque ».
Le président américain a profité de l'occasion pour se vanter à nouveau de l'ampleur des dégâts militaires infligés à l'Iran, tout en suggérant que toute réarmement par Téhéran pendant le cessez-le-feu pourrait être neutralisé en « environ un jour » si nécessaire. Il a également déclaré qu'il pouvait faire un accord immédiatement, mais souhaitait qu'il soit « durable ».
« Je veux faire le meilleur accord. Je pourrais conclure un accord tout de suite... mais je ne veux pas faire ça. Je veux qu'il soit éternel », a déclaré Trump.
15 000 militaires américains et trois porte-avions déployés au Moyen-Orient
Le Commandement central des forces armées américaines (CENTCOM) annonce que plus de 200 avions et hélicoptères ainsi que 15 000 marines sont déployés au Moyen-Orient. Pour la première fois depuis plus de vingt ans, trois porte-avions opèrent simultanément dans la région : les USS Abraham Lincoln, USS Gerald R. Ford et USS George H.W. Bush.
Précédemment, le CENTCOM avait indiqué qu’un groupe de frappe dirigé par l’USS George H.W. Bush était entré dans sa zone de responsabilité.
Le 21 avril, le portail de l'Institut naval américain USNI News a rapporté, citant des sources au Pentagone, que le porte-avions américain USS Gerald R. Ford, ayant participé à des opérations au Venezuela et en Iran, avait traversé le canal de Suez et était sorti dans la mer Rouge après des réparations. L'USS Abraham Lincoln est présent dans la mer d'Arabie.
Duo indispensable de Trump : Witkoff et Kushner envoyés au Pakistan pour négocier avec l’Iran
Les États-Unis envoient Steve Witkoff et Jared Kushner au Pakistan ce week-end pour participer à des négociations avec l’Iran, selon CNN.
Du côté iranien, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi participera à la rencontre, rapporte la chaîne.
Précédemment, Trump a déclaré qu'il prolongeait le cessez-le-feu jusqu'à ce que Téhéran présente sa proposition et que les discussions soient terminées. Les médias ont évoqué une durée de trois à cinq jours.
L’Indonésie refuse de s’engager dans la mission à Ormuz
Les autorités indonésiennes ont refusé de participer à la mission de protection de la navigation dans le détroit d'Ormuz proposée par la Grande-Bretagne et la France, et n'enverront pas de troupes.
Le ministre des Affaires étrangères, Sugiiono, a justifié cette décision par le respect de la neutralité du pays. « Nous ne devons pas participer à la mission. Cela violerait notre position neutre », a-t-il déclaré, cité par le Jakarta Globe.
Cette position intervient alors que deux pétroliers indonésiens sont toujours bloqués dans le détroit, selon le journal.
La rhétorique agressive de Trump freine les négociations, selon Bloomberg
Selon Bloomberg, la rhétorique agressive du président américain Donald Trump réduit la volonté de l’Iran de conclure un accord pour mettre fin au conflit armé.
Citant un responsable iranien et un diplomate arabe, l’agence rapporte que les négociateurs iraniens perçoivent les menaces de nouvelles frappes, ainsi que la promesse de « ramener le pays à l’âge de pierre », comme des attaques directes contre les dirigeants de la République islamique. Ces déclarations virulentes sont de nature à freiner la dynamique des discussions et à retarder un nouveau cycle de négociations.
Des représentants de l'administration américaine, cités par Bloomberg, reconnaissent également que cette rhétorique a déjà nui aux efforts diplomatiques en cours, notamment ceux impliquant des médiateurs régionaux.
Abbas Araghchi attendu à Islamabad, selon Al Arabiya
Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, pourrait arriver à Islamabad dans la soirée du 24 avril afin de participer au deuxième cycle de négociations avec des représentants américains, rapporte la chaîne Al Arabiya. L’information, basée sur une source gouvernementale pakistanaise, a également été relayée par la chaîne d'État pakistanaise PTV.
Le ministre iranien serait accompagné d’une « délégation peu nombreuse », selon Al Arabiya.
Parallèlement, des experts américains en logistique et en sécurité seraient déjà présents dans la capitale pakistanaise, selon des sources de PTV.
Sous couverture de trêve, Washington prépare de nouvelles attaques
Les États-Unis préparent de nouvelles attaques contre des installations iraniennes en cas d'échec du cessez-le-feu actuel, rapporte CNN.
Selon des sources, les militaires mettent l'accent sur un « ciblage dynamique » des installations iraniennes dans la région du détroit d'Ormuz, au sud du Golfe persique et dans le golfe d'Oman.
Il s'agit de frappes potentielles contre des vedettes rapides, des poseurs de mines et d'autres moyens par lesquels Téhéran bloque des routes clés.
La capacité de résistance iranienne sous-estimée par Washington, selon un ancien ambassadeur américain à Bahreïn
L'Iran peut survivre dans des « conditions de siège » beaucoup plus longtemps que ne l'estiment les États-Unis. C'est l'avis exprimé par Adam Ereli, ancien ambassadeur des États-Unis à Bahreïn (2007-2011).
« L'Iran, la milice paramilitaire Basij et les Gardiens de la Révolution ont un élan révolutionnaire, ce qui signifie qu'ils peuvent survivre, ils peuvent endurer la douleur beaucoup plus longtemps que ce que pensent la plupart des décideurs américains et des planificateurs », a-t-il déclaré à la chaîne Al Jazeera.
L’ancien diplomate insiste sur une différence fondamentale de perception. Pour Téhéran, le conflit relève d’une « guerre imposée ». Pour Washington, il s’agit d’une « guerre de choix ». Les États-Unis peuvent s’en retirer « à tout moment ».
Stubb se plaint : les États-Unis écartent l’Europe des négociations avec l’Iran
Le président de la Finlande Alexander Stubb estime que Washington ne considère pas les Européens comme des médiateurs crédibles dans les négociations liées au conflit avec l’Iran.
« Je ne pense pas que les Américains souhaitent que les Européens jouent ce rôle », a-t-il déclaré sur la chaîne Al Arabiya, soulignant que Washington se tourne plutôt vers des acteurs régionaux comme le Pakistan, l’Égypte ou Oman.
Stubb a noté que la Finlande n'avait pas encore pris de décision concernant sa participation à la mission proposée par le Royaume-Uni et la France pour sécuriser le détroit d'Ormuz et qu'elle n'avait pas de navires à envoyer dans la région. Une décision pourrait toutefois être prise « au moment venu », avec la volonté affichée de soutenir l’initiative « d’une manière ou d’une autre ».
CNN : Washington a sous-estimé la capacité de l'Iran à fermer le détroit d'Ormuz
Selon CNN, les États-Unis n’ont pas été en mesure d’empêcher la fermeture effective du détroit d’Ormuz au début des hostilités, une défaillance qui pèse désormais sur la circulation maritime. Résultat : les pétroliers hésitent à s’engager dans la zone et préfèrent contourner ou suspendre leurs passages, faute de garanties sécuritaires.
D’après deux sources proches de la planification militaire américaine, ce scénario aurait pu être évité. Un déploiement anticipé de forces à proximité du détroit aurait, selon elles, permis de dissuader Téhéran et de maintenir ouvert ce corridor stratégique.
Comme le souligne la chaîne, Washington a sous-évalué la rapidité et la capacité iranienne à verrouiller l’un des points névralgiques du commerce mondial.
Israël « attend le feu vert des États-Unis » pour reprendre la guerre contre l'Iran
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré le 23 avril qu'Israël attendait « un feu vert » des États-Unis pour reprendre les attaques contre l'Iran et le ramener « à l'âge de pierre ». Il a ajouté que lorsque Israël reprendra ses attaques, il « détruira des installations énergétiques et électriques clés » et démantèlera l'infrastructure économique de l'Iran.
Ce n’est pas la première fois que l’alliance israélo-américaine utilise une métaphore de l’âge de pierre pour menacer l’Iran. Début avril 2026, l'agence d'État iranienne IRNA a déjà réagi sur le réseau social X à la publication du secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, qui menaçait de ramener l'Iran à « l'âge de pierre ».L'agence a proposé de restaurer le pays dans les frontières de l'empire achéménide. Dans la publication, une carte a été jointe, montrant l'Iran à ce que l'on appelle l'âge de pierre : un territoire beaucoup plus vaste. Celui-ci comprenait l'Iran moderne, l'Irak, la Turquie, la Syrie, l'Égypte, l'Afghanistan, le Pakistan et des parties du Caucase.
« Tenez-vous à sa restauration ? », a indiqué la publication.