Tunisie : des villageois bloquent une route pour réclamer une protection face aux djihadistes

Tunisie : des villageois bloquent une route pour réclamer une protection face aux djihadistes
Les villageois réclament une plus grande présence des forces de sécurité

Une trentaine de personnes ont bloqué brièvement une route nationale dans le gouvernorat de Siliana au nord de la Tunisie pour demander une protection face aux djihadistes retranchés dans des montagnes voisines.

Les villageois habitant près du mont Ballouta, dans le gouvernorat de Siliana, ont coupé la route menant à Kairouan à l'aide de pneus en flamme, selon un correspondant de l'Afp sur place. Ils se sont retirés après avoir obtenu des garantis de la police.

«La nuit tombée, ils (les jihadistes) frappent aux portes et demandent de la nourriture. Et ils menacent de nous égorger si on prévient les autorités», a déclaré un des villageois. «Ils m'ont dit "on te surveille, on t'a vue faire chauffer ta tabouna (four traditionnel) pour faire cuire le pain, on t'a vue ramener de l'eau et rentrer tes moutons"», a rapporté une autre habitante qui a voulu rester anonyme.

Un berger de 16 ans décapité sur le mont Mghilla

Selon le ministère de l'Intérieur, un djihadiste probablement étranger, avait été abattu par les forces de l'ordre dans cette même région. «Les unités de la Garde nationale (gendarmerie) ont pu mener cette nuit, après avoir tendu une embuscade, une opération entre le mont Serj et le mont Ballouta dans le gouvernorat de Siliana», a déclaré le porte-parole du ministère, Walid Louguini, à la radio Mosaïque FM. Cette opération est intervenue après qu'un «groupe terroriste» a «terrorisé les citoyens ces derniers jours», a-t-il ajouté.

Un berger de 16 ans a été décapité sur le mont Mghilla, près de Sidi Bouzid, le 13 novembre dernier dans le centre défavorisé du pays, par des jihadistes se réclamant du groupe Etat islamique (EI) qui l'ont accusé d'être un informateur. Depuis sa révolution en janvier 2011, les attaques de la mouvance djihadiste se multiplie en Tunisie. Elles ont coûté la vie à des dizaines de policiers et de militaires.

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