Désarmement au Liban : Paris soutient le plan de l’État, malgré la pression constante des Israéliens
© Getty ImagesEmmanuel Macron a jugé «encourageantes» les mesures libanaises pour rétablir le monopole de l’État sur les armes. La deuxième phase du plan de désarmement doit débuter en février, malgré de fortes pressions israéliennes. Paris réaffirme son soutien à Beyrouth et prépare une conférence internationale pour appuyer l’armée libanaise.
Le président français Emmanuel Macron a salué le 9 janvier les annonces des autorités libanaises visant à rétablir le monopole de l’État sur les armes, les jugeant « encourageantes » et appelant à leur poursuite. Au lendemain d’un Conseil des ministres ayant donné son feu vert politique à la deuxième phase du plan, le chef de l’État a souligné sur X que « ce processus doit être poursuivi résolument » et que « la seconde phase sera une étape décisive ».
Il a également rappelé que l’accord de cessation des hostilités conclu en novembre 2024 devait être « strictement respecté par toutes les parties », insistant sur la nécessité de restaurer pleinement la souveraineté du Liban.
Selon L’Orient-Le Jour, le commandant en chef de l’armée libanaise, Rodolphe Haykal, a présenté aux ministres un état détaillé de l’avancement du plan au sud du Litani, une zone désormais presque entièrement sous contrôle de la troupe, à l’exception de secteurs encore occupés par Israël.
Israël maintient la pression
Il a aussi exposé les obstacles, logistiques et sécuritaires, qui freinent la capacité de l’armée à imposer seule le contrôle des armes. Le gouvernement a chargé l’institution militaire de préparer, d’ici un mois, la feuille de route de la deuxième phase, qui devrait débuter en février et concerner la région comprise entre les fleuves Litani et Awali.
Cette séquence politique s’est toutefois déroulée sous une forte tension sécuritaire. Le 9 janvier, l’aviation israélienne a mené une série intense de frappes dans le sud du Liban et dans la Békaa, visant, selon Tsahal, des infrastructures militaires du Hezbollah, dont des sites de fabrication et de stockage d’armes.
En moins de 30 minutes, une quinzaine de raids ont touché plusieurs zones des cazas de Jezzine, Nabatiyé, Saïda et de la Békaa, principalement dans des secteurs boisés et non résidentiels. L’armée israélienne affirme avoir ciblé des installations utilisées pour reconstituer les capacités militaires du parti chiite.
Ces bombardements sont intervenus au lendemain de l’annonce officielle de la fin de la première phase du plan libanais, et alors que Beyrouth prépare la suivante. Israël continue de juger les efforts libanais insuffisants et réclame un désarmement accéléré du Hezbollah.
À l’inverse, Paris soutient la démarche graduelle de l’État libanais. Emmanuel Macron a réaffirmé son appui au président Joseph Aoun et au Premier ministre Nawaf Salam, promettant que « le peuple libanais peut compter sur nous ». Il a annoncé la tenue prochaine à Paris d’une conférence internationale destinée à fournir aux forces armées libanaises les moyens concrets d’assurer cette souveraineté.