Grèce : victoire historique de Syriza contre l’austérité

(REUTERS/Marko Djurica) Source: Reuters
(REUTERS/Marko Djurica)

Selon les résultats provisoires, Syriza, parti de gauche radicale, a remporté les élections législatives grecques avec 36% des voix. Avec 28% des suffrages, le parti conservateur Nouvelle démocratie recueille la deuxième place.

Alors que les résultats de 96,6% des bureaux de votes sont connus, le Premier ministre grec Antonis Samaras a admis sa défaite et félicité Alexis Tsipras, le président de Syriza, par téléphone, pour sa victoire, a rapporté l’agence Reuters.

« La Grèce tourne le dos à une terrible politique d’austérité, à la peur et à l’autoritarisme, elle laisse 5 ans d’humiliations et de souffrances derrière elle », s’est exclamé Alexis Tsipras devant des milliers de supporters réunis pour la victoire à Athènes. 

« Le peuple grec a exprimé son avis et nous respectons sa décision. J’ai la conscience tranquille », a pour sa part déclaré Antonis Samaras au cours d’une allocution télévisée, avant d’ajouter « Nouvelle Démocratie reste prêt à jouer un rôle décisif pour l’avenir du pays en tant que garant du tropisme européen du pays » .

De son côté, le dirigeant du parti d’extrême droite Grecs indépendants, Panos Kammenos, a confirmé qu’il avait l’intention de former une coalition avec Syriza. Panos Kammenos a dit en outre qu’il avait téléphoné à Alexis Tsipras pour le féliciter et lui offrir le soutien de son parti pour lutter contre la politique d’austérité. Le parti Grecs indépendants a récolté près de 5% des voix.

Les sondages à la sortie des urnes avaient montré que Syriza allait remporter les élections législatives grecques sur un score allant de 35,5% à 39,5% des voix, avec une avance de plus de 10% sur le parti au pouvoir jusqu’alors, Nouvelle Démocratie. Ces mêmes sondages ont montré que Nouvelle Démocratie, dirigé par le Premier ministre grec Antonis Samaras, avait recueilli entre 23% et 27% des voix.

Les résultats des sondages à la sortie des urnes ont été annoncés juste après la fermeture des bureaux de vote dans tout le pays à 19 heures, locales. Les premiers résultats officiels ont été annoncés vers 21h20. Le résultat définitif sera connu lundi matin.

Le parti centriste To Potami (La Rivière) et le parti d’extrême-droite Aube dorée sont en concurrence pour la troisième place, les deux partis sont crédités de scores allant de 6,4% à 8% des voix, selon un sondage conjoint de Metron Analysis, GPO, Alco, MRB, Marc.

Syriza, la coalition de Gauche radicale, dirigé par Alexis Tsipras, 40 ans, a gagné en popularité avec ses promesses de renégocier la dette grecque et d’en finir avec l’austérité dans le pays.

En Grèce, pour obtenir la majorité absolue, un parti politique doit obtenir entre 36% et 40% des voix. Le chiffre exact dépend de la proportion de voix glanées par les partis qui restent sous le seuil des 3% nécessaires pour entrer au parlement.

Selon les sondages à la sortie des urnes, sept partis sont en voie de siéger dans le nouveau Parlement grec qui compte 300 députés.

Les élections se sont tenues plus tôt que prévu parce que, le 29 décembre 2014, le parlement n’est pas parvenu à élire un nouveau président pour le pays. Le candidat présenté par le gouvernement, Stavros Dimas, n’a pas recueilli le nombre de voix nécessaires pour être élu au terme de trois tours de scrutin.

Cela signifie que Syriza occupera entre 146 et 158 sièges, tandis que Nouvelle démocratie devrait en obtenir entre 65 et 75. Pour pouvoir former un gouvernement, il faut disposer de 151 sièges.

« C’est une victoire historique, nous devons voir s’il s’agit d’une grande victoire historique. C’est un signe contre la politique d’austérité en faveur de la dignité et de la démocratie », a confié Panos Skourletis, porte-parole de Syriza, à Mega TV.

Si les résultats des sondages à la sortie des urnes devaient être officiellement confirmés, Syriza deviendra le premier parti contre l’austérité au pouvoir en Europe.

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