Israël bombarde le sud du Liban après l’interception de trois roquettes

Israël bombarde actuellement le sud du Liban dans l'une des escalades les plus violentes depuis la trêve conclue le 27 novembre 2024, en représailles contre des tirs de roquettes menés par des inconnus. Plusieurs officiels libanais ont mis en garde contre une nouvelle guerre désastreuse dans le pays.
L'armée israélienne a annoncé avoir mené plusieurs frappes ce 22 mars contre des cibles libanaises du Hezbollah, en réponse aux tirs non revendiqués de trois roquettes tirées du sud du Liban voisin vers le nord de son territoire. L’armée a aussi indiqué que deux autres roquettes étaient retombées en territoire libanais avant de franchir la frontière avec Israël.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a émis l’ordre de bombarder plusieurs cibles qualifiées de «terroristes» sur le territoire libanais. La presse libanaise a rapporté que les bombardements avaient visé plusieurs régions au nord et au sud du Litani, les hauteurs du caza de Jezzine, Kfar Melki dans le caza de Saïda, la région de Nabatiyé et plusieurs zones de la bande frontalière avec le Liban. L'Orient-Le Jour a rapporté que les frappes israéliennes avaient fait au moins quatre morts à Touline, dans le caza de Nabatiyé, selon le maire du village.
L’armée libanaise enquête, le Hezbollah dément toute responsabilité
Pour l’heure, aucune partie n’a encore revendiqué le tir, alors que l’armée libanaise a annoncé l’ouverture d’une enquête qui a permis de trouver trois rampes de lancement de roquettes «artisanales», mais elle a déclaré ne disposer d'aucune information concluante sur l’auteur de l’attaque. La manière dont celle-ci a été menée ne correspond pas aux méthodes du Hezbollah. Elle pourrait être l'œuvre de combattants propalestiniens affiliés à d’autres groupes, selon les médias libanais.
Pour sa part, le Hezbollah a nié toute implication dans le tir de roquettes contre Israël, accusant l’État hébreu de se servir de cet incident comme prétexte à la poursuite de ses attaques contre le Liban.
Réactions des officiels libanais
Le président de la République libanaise, Joseph Aoun, a écrit sur le compte officiel de la présidence sur X : «Ce qui s'est passé aujourd'hui dans le sud, et qui se poursuit depuis le 18 février, constitue une agression continue contre le Liban et un coup porté au projet de sauvetage dont les Libanais sont convenus.»
Le président Aoun a condamné «les tentatives d'entraîner le Liban dans un nouveau cycle de violence» et a ordonné aux forces libanaises au sud du pays de «contrôler toute violation ou négligence qui pourrait menacer la nation dans ces moments délicats».
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a mis en garde contre la reprise des opérations militaires pouvant entraîner le pays dans une nouvelle guerre, aux conséquences désastreuses pour le Liban.
Lors d’un entretien téléphonique avec le ministre de la Défense nationale, le général Michel Mansi, le Premier ministre a souligné la «nécessité de prendre toutes les mesures sécuritaires et militaires», et ce, afin de garantir le fait que seul l'État dispose de l'autorité de décider de la guerre et de la paix.