L’Europe exclut des migrants, le Pakistan les renvoie illico

Les tensions entre l'Union européenne et le Pakistan sont à leur comble concernant les migrants. Source: Reuters
Les tensions entre l'Union européenne et le Pakistan sont à leur comble concernant les migrants.

Une trentaine de migrants s’étant rendue en Europe ont été renvoyés. Mais une fois à Islamabad, le gouvernement les a remis dans un avion direction le Vieux Continent.

C’est une histoire qui illustre parfaitement les tensions diplomatiques provoquées par la crise des migrants. Cinquante réfugiés, tous considérés comme Pakistanais par les autorités européennes ont été exclus du territoire de l’Union. Partis de Grèce, ils ont atteri dans la capitale Islamabad. Si dix-neuf d’entre eux ont été placés en détention, les trente-et-un autres sont repartis directement après être restés deux heures sur le tarmac de l’aéroport. Motif ? Pour le Pakistan, ils ne possédaient pas de papiers en règles.

Chaudhry Nisar Ali Khan contre Bruxelles

Depuis le début de la crise migratoire et les revirements de certains pays en matière de politique d’accueil, des tensions émergent entre UE et certains pays pourvoyeurs de migrants. Ainsi, Chaudhry Nisar Ali Khan, ministre de l’Intérieur du Pakistan a entamé un bras de fer avec Bruxelles. Il dénonce notamment le traitement de ses compatriotes par les Etats européens qui font face à un afflux migratoire.

Déjà, en novembre, Chaudhry Nisar Ali Khan avait suspendu un accord sur le renvoi des clandestins prétextant que l’Union européenne expulsait des citoyens pakistanais sur des «accusations infondées de terrorisme».

Il avait notamment attaqué le caractère supposé moralisateur des instances bruxelloises : «Ceux qui nous donnent des leçons sur les droits fondamentaux devraient respecter ceux des Pakistanais».

Concernant la dernière affaire en date, il a justifié la décision de renvoyer ces migrants directement en Europe par «une violation des lois pakistanaises». Ce qu’il qualifie d’«inamissible».

Une tentative d'apaisement avortée

La semaine dernière, Dimitris Avramopoulos,  commissaire européen en charge de la politique migratoire s’est rendu au Pakistan pour tenter de désamorcer la situation. Sa visite n’a, apparemment, pas porté ses fruits.

Le gouvernement a rappelé aujourd’hui son sentiment quant à la vision européenne en la matière. Pour les officiels pakistanais, l’Union européenne ne respecte pas sa promesse de renvoyer uniquement les ressortissants dont l’identité a été vérifiée. Ce qui, selon eux, n’a pas été le cas concernant le dernier charter ayant atterri à l’aéroport d’Islamabad.

Affirmation démentie par les représentants bruxellois. Ces derniers sont catégoriques, l’ensemble des cinquante personnes dernièrement renvoyées par Frontex, l’agence qui gère les frontières de l’Union, ont reçu des passeports directement des ambassades pakistanaises en Grèce, Bulgarie et Autriche.

Tensions entre réfugiés

Les Européens contestent également la demande des autorités du Pakistan, stipulant que tous les migrants renvoyés doivent posséder leur carte d’identité. Pour eux, ceci est tout simplement impossible à organiser et ne fait pas partie de l’accord signé avec Islamabad.

Ils citent le dernier exemple en date : «La liste des noms a été envoyée aux pakistanais en amont. Cela leur donnait assez de temps pour trouver les identités manquantes.»

L’année dernière, environ 21 000 migrants illégaux pakistanais ont été renvoyés dans leur pays. Chaque année, 50 000 ressortissants de la République islamique entrent légalement en Europe pour travailler.

Récemment, des affrontements ont éclaté à la frontière gréco-macédonienne. Ils impliquaient des centaines de migrants pakistanais qui tentaient de forcer le passage pour se rendre en Europe occidentale. Ils ont bloqué à la frontière plusieurs réfugiés syriens et d’autres nations, dénonçant deux poids deux mesures dans le traitement des candidats à l’Europe. Leur action s’accompagnait de chants dont un lapidaire : «Si on ne passe pas, personne le ne fera !»

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