Niger : la France évacue ses ressortissants en 24 heures

- Avec AFP

Niger : la France évacue ses ressortissants en 24 heures© Etat-major des armées françaises
Evacuation à l'aéroport de Niamey.
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Les autorités françaises souhaitent clore ce 2 août à la mi-journée les opérations d'évacuation par avion de civils du Niger, entamées la veille au soir.

Un premier avion a décollé de Niamey le 1er août au soir et a atterri, peu après 23h30 GMT, à l'aéroport de Paris-Roissy Charles de Gaulle. Quatre avions ont pour l'instant été prévus pour évacuer des civils, en grande majorité français. C'est la première évacuation massive organisée par Paris au Sahel, où les coups d'Etat se sont multipliés depuis 2020.

Paris justifie l'évacuation par les «violences qui ont eu lieu» contre son ambassade le 30 juillet lors d'une manifestation hostile à la France, et par «la fermeture de l'espace aérien qui laisse nos compatriotes sans possibilité de quitter le pays par leurs propres moyens».

Niamey, par la voix d'un militaire, a toutefois annoncé dans la nuit du 1er au 2 août la réouverture «des frontières terrestres et aériennes» du Niger avec cinq pays voisins (Algérie, Burkina Faso, Libye, Mali et Tchad).

«Il y a 262 personnes à bord de l'avion qui est un Airbus A330, dont une douzaine de bébés», a indiqué à l'AFP la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna, expliquant que la quasi-totalité des passagers étaient «des compatriotes». Outre une grande majorité de Français ont également atterri des Nigériens, des Portugais, des Belges, des Ethiopiens et des Libanais, a précisé le Quai d'Orsay à la presse présente à Roissy.

Evacuation rapide

L'évacuation a été «bien organisée, ça a été assez vite, pour ma part tout s'est très bien passé», a témoigné Bernard, qui travaille depuis deux mois au Niger pour l'Union européenne. «A Niamey, il n'y a pas de tensions particulières en ville, pas de stress particulier, la population vaque à ses occupations», a décrit cet homme qui n'a pas donné son nom, parti avec le strict minimum.

«Ça fait du bien», a déclaré, soulagée, Raïssa Kelembho, rentrée du Niger avec ses deux garçons. «A un moment donné, il y a eu une sensation d'insécurité, on savait que tout pouvait basculer», a expliqué la mère de famille, dont le mari est resté au Niger pour le travail.

Un deuxième vol devait atterrir dans la nuit, avec à son bord Français, Nigériens, Allemands, Belges, Canadiens, Américains, Autrichiens et Indiens, d'après le ministère français des Affaires étrangères.

Sur les quelque 1 200 Français enregistrés sur les listes consulaires au Niger, selon Paris, 600 ressortissants souhaiteraient revenir en France.

L'évacuation des militaires français postés au Niger n'est en revanche «pas à l'ordre du jour», avait auparavant indiqué à la presse l'état-major des armées françaises.

La France remise en cause

Le ministère allemand des Affaires étrangères a recommandé dans la journée «à tous ses ressortissants à Niamey» d'accepter l'offre de la France, quand l'Italie a annoncé se tenir prête à évacuer ses ressortissants de Niamey. Les Etats-Unis n'ont pris aucune décision d'évacuation pour le moment, a indiqué la Maison Blanche.

La France, ex-puissance coloniale dans la région et soutien indéfectible du président Mohamed Bazoum, retenu depuis le 26 juillet dans sa résidence présidentielle, est remise en cause au Niger.

Le mouvement M62, à l'initiative d'une manifestation pro-putschistes, a dénoncé le 1er août l'évacuation organisée par la France, souhaitant la suspension de certains de ses médias et appelant à un rassemblement «pacifique chaque jour» près de l'aéroport, «jusqu'au départ définitif des forces étrangères» présentes dans le pays. Les putschistes ont accusé le 31 juillet la France de vouloir «intervenir militairement», ce que Paris a démenti fermement.

Le Burkina Faso et le Mali, voisins du Niger et gouvernés également par des militaires, ont affiché leur solidarité avec les putschistes en affirmant que toute intervention militaire pour rétablir Mohamed Bazoum serait considérée «comme une déclaration de guerre» à leurs deux pays et entraînerait leur retrait de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest).

Ils ont ajouté qu'ils refusaient d'appliquer les «sanctions illégales, illégitimes et inhumaines contre le peuple et les autorités nigériennes» décidées le 30 juillet par la Cédéao à Abuja, la capitale du Nigeria.

Les dirigeants ouest-africains, soutenus par leurs partenaires occidentaux, dont la France, ont fixé un ultimatum d'une semaine à la junte militaire au Niger pour un «retour complet à l'ordre constitutionnel», affirmant ne pas exclure un «recours à la force» si ce n'était pas le cas. La Cédéao avait également décidé de «suspendre toutes les transactions commerciales et financières» entre ses Etats membres et le Niger, et de geler les avoirs des responsables militaires impliqués dans le coup d'Etat.

 

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