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Référendums d'adhésion à la Russie : le oui l'emporte à Kherson, Zaporojié, Lougansk et Donetsk

Les Républiques de Donetsk et Lougansk, reconnues par Moscou, ainsi que les zones sous contrôle russe des régions de Kherson et Zaporojié, réclament leur adhésion à la Russie à l'issue d'un référendum, dénoncé comme illégitime par les Occidentaux.

Jeudi 29 septembre

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a déclaré ce 29 septembre devant la presse que «toute décision de procéder à l'annexion des régions ukrainiennes de Donetsk, Lougansk, Kherson et Zaporijjia n'aurait aucune valeur légale et mérite d'être condamnée».

«Cela s'oppose à tout ce que la communauté internationale est supposée représenter. Cela bafoue les buts et les principes des Nations unies. C'est une dangereuse escalade. Cela n'a pas de place dans le monde moderne. Cela ne doit pas être accepté», a-t-il encore dit.

Mercredi 28 septembre

Après la victoire du «oui» à l'adhésion à la Russie lors du référendum organisé dans quatre régions (Donetsk, Zaporojié, Lougansk, et Kherson), les autorités locales ont demandé leur adhésion à la Fédération de Russie.

Après la victoire du «oui» à l'adhésion à la Russie dans les Républiques de Donetsk et Lougansk, ainsi que dans les régions de Zaporojié et Kherson, les observateurs internationaux du scrutin font le point lors d'une conférence de presse.

Après l'annonce de résultats validant largement l'adhésion à la Russie des quatre territoires consultés, les pays occidentaux ont dénoncé un vote «manipulé», soulignant qu'ils n'en reconnaissaient pas les résultats. Moscou a défendu la légalité du scrutin, mettant en avant la présence d'observateurs, tandis que les dirigeants locaux se sont réjoui de cette nouvelle étape.

Denis Pouchiline, dirigeant de la République populaire de Donetsk, a réagi aux résultats lors d'une conférence de presse, affirmant : «Le référendum a eu lieu. Le chemin a été long pour en arriver là – et voilà, le résultat est colossal. Dire qu’on ne s’attendait pas à un tel résultat serait mentir. Personnellement, je croyais et je crois toujours en le Donbass. Je crois en nos gens. Nous voulions cela depuis très longtemps. On en rêvait en 2014, et ensuite, on écrivait l’histoire, c’est ainsi. Ce sont en ce moment des jours historiques, on se réunifie avec notre grande patrie, avec la grande Russie. Maintenant, on peut pousser un soupir de soulagement, prendre du repos pendant une demi-journée, et recommencer à créer, à construire, à reconstruire. Mais désormais, on ne le fera pas tous seuls : nos frères et nos amis sont avec nous.» 

«Nous agirons pour protéger notre peuple: à la fois dans la région de Kherson, dans celle de Zaporijjia, dans le Donbass, et aussi dans les zones actuellement occupées de la région de Kharkiv et en Crimée», a réagi le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans un message enregistré au Conseil de sécurité de l'ONU.

«La reconnaissance par la Russie des pseudo-référendums comme normaux, la mise en œuvre du même scénario qu'en Crimée et une énième tentative d'annexer une partie du territoire ukrainien signifie que nous n'avons pas à discuter avec l'actuel président russe», a encore ajouté le dirigeant ukrainien.

Mardi 27 septembre

La commission électorale de la République populaire de Donetsk a validé le référendum d'adhésion à la Fédération de Russie, annonçant que le oui l'avait emporté à 99,23%, pour un taux de participation de 97,51%.

« Les référendums sont terminés. Les résultats sont clairs. Bienvenue chez vous en Russie ! », a commenté Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, sur son canal Telegram.

La Commission électorale a officiellement annoncé que la région de Kherson a voté en faveur de l'adhésion à la Fédération de Russie à 87,05%.

La République populaire de Lougansk a quant à elle voté positivement à 98,42%, toujours selon les résultats officiels validés par la Commission électorale. 

Dans la région de Zaporojié, le score rapporté officiellement s'élève à 93,11%. 

«Nous avons beaucoup attendu ce moment. Nous avons passé par beaucoup de choses. Je suis moi-même habitante d'une zone près du front. C'était la douleur, les larmes, la peur tous les jours. Pour nous, pour tous les habitants de la République [de Donetsk] c'est une énorme fête. En premier lieu, j'attends la paix, que Donetsk revienne enfin à sa vie heureuse d'avant, c'est une énorme ville avec une gloire minière», a témoigné une électrice au micro de RT France à la sortie d'un bureau de vote de Donetsk.

Lors d'une réunion gouvernementale, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que  «le sauvetage des populations sur tous ces territoires dans lesquels se tient ce référendum est [...] au centre de l'attention de notre société et de tout le pays».

Les commissions de dépouillement ont publié les premiers résultats provisoires des référendums sur l'adhésion à la Fédération de Russie des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, et des régions de Zaporojié et de Kherson, a rapporté l'agence RIA Novosti.

  • dans la région de Zaporojié : 98,19% en faveur, après traitement de 18% des votes;
  • dans la RPD : 98,27% en faveur, après 20,64% des suffrages ;
  • dans la LPR : 97,83% en faveur, après 21,11% des suffrages ;
  • dans la région de Kherson : 97,63%, après 27% des suffrages.

L'UE considère que les référendums d'adhésion à la Russie sont «illégaux» et promet de sanctionner toutes les personnes qui ont participé à leur organisation.

Peter Stano, porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, a ainsi déclaré en conférence de presse à Bruxelles : «Il y aura des conséquences pour toutes les personnes qui ont pris part à l'organisation de ces référendums illégaux et qui les ont soutenus.»

Ce 27 septembre marque le dernier jour du vote dans les Républiques populaires de Donetsk et Lougansk ainsi que dans les régions sous contrôle russe de Zaporojié et Kherson.

Alors que les quotas de participation sont atteints ou en passe de l'être dans toutes les régions, les résultats devraient être considérés comme valides par les autorités locales.

Selon l'agence de presse Tass, plus de 100 observateurs internationaux ont assisté au vote, issus d'une quarantaine de pays dont la France, l'Allemagne, la Syrie, le Venezuela ou encore le Cameroun. Les chancelleries occidentales ont néanmoins dénoncé la tenue de ces référendums, spécifiant qu'ils n'en reconnaîtraient pas les résultats.

Selon la presse russe, le président Vladimir Poutine devrait s'exprimer dans les prochains jours devant le Parlement.

Lundi 26 septembre

Alors que le processus de vote est supervisé par des observateurs internationaux conviés par la Fédération de Russie, notre envoyé spécial Antoine Cléraux est allé à la rencontre d'un observateur togolais du scrutin. D'après ce dernier, «les normes internationales sont bien respectées».

Ce 26 septembre marquait le quatrième jour consécutif de vote pour les référendums d'adhésion à la Fédération de Russie organisés dans les Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk (reconnues par Moscou) et dans les zones sous contrôle russe dans les régions de Kherson et de Zaporojié en Ukraine. Pour des raisons de sécurité, les bureaux de vote n’ouvriront que le 27 septembre à Donetsk. En attendant, les urnes sont amenées à domicile ou proposées aux personnes croisées dans les rues. Notre reporter présent sur place, Antoine Cléraux, fait le point.

Après trois jours de vote, le taux de participation aux référendums d'adhésion à la Fédération de Russie s'élève à 76,09% dans la République populaire de Lougansk (LPR), 51,55% dans la région de Zaporojié, 48,91% dans la région de Kherson et plus de 50% dans la République populaire de Donetsk (DNR), selon les autorités locales. Le seuil de 50% signifie que le suffrage est déclaré valable selon les commissions électorales centrales. Il prendra fin le 27 septembre. Kiev et ses alliés occidentaux se refusent néanmoins à reconnaître la légitimité de ces scrutins.  

Dimanche 25 septembre

Notre reporter Antoine Cléraux s'est rendu en République populaire de Donetsk, en cette période de référendum sur l'adhésion à la Russie.

Samedi 24 septembre

Les citoyens de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Lougansk, ainsi que les résidents des régions de Kherson et de Zaporojié, ont voté le 23 septembre à Tcheliabinsk, à Sébastopol, à Koursk et à Volgograd (Russie) lors du référendum sur l'adhésion à la Fédération de Russie, soutenu par Moscou mais dénoncé par Kiev et ses alliés occidentaux.

Des milliers de personnes ont participé le 23 septembre à un rassemblement à Moscou pour soutenir les référendums dans les Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, soutenus par Moscou et dénoncés par Kiev et ses alliés occidentaux, ainsi que dans les régions de Zaporojié et de Kherson. Des images filmées sur la place Manejnaïa montrent des manifestants avec des drapeaux écoutant des dirigeants politiques russes s'exprimant sur scène, notamment le chef du parti communiste Guennadi Ziouganov et le chef du parti Spravedlivaïa Rossia (Russie juste) Sergueï Mironov. Selon le ministère des Affaires intérieures, 50 000 personnes ont participé à l'événement.

Vendredi 23 septembre

«[Les] référendums dans les régions de la RPD et de la RPL, de Zaporojié et de Kherson correspondent complètement au droit international et constituent la réalisation des droits légitimes des habitants de ces territoires à l'autodétermination et à organiser leur vie conformément à leurs propres traditions civilisationnelles, culturelles et religieuses», a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

Les dirigeants du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) ont «fortement condamné» ce qu'ils considèrent être de «faux référendums», ajoutant qu'ils ne reconnaîtraient «jamais» ces scrutins «illégitimes».

«Nous ne reconnaîtrons jamais ces référendums qui semblent être un pas vers une annexion russe [ni] une prétendue annexion si elle a lieu», ont-ils affirmé dans un communiqué diffusé par l'Allemagne qui assure la présidence du groupe cette année.

Dans une interview à RIA Novosti, le chef de la commission électorale de la région de Kherson a affirmé que, selon les résultats du premier du jour de référendum, le taux de participation était de 15,31% de la liste électorale totale.

La commission électorale centrale de la République populaire de Lougansk a déclaré que des observateurs de Biélorussie, du Brésil, de Grande-Bretagne, d'Egypte, de Slovaquie et de Syrie avaient commencé à se pencher sur l'organisation du référendum.

Des observateurs étrangers doivent venir surveiller la tenue du scrutin en République populaire de Donetsk, selon le président de la commission électorale centrale, Vladimir Vyssotsky.

Léonid Passetchnik, président de la République populaire de Lougansk, s’est adressé aux habitants de la région à l'occasion du référendum d’adhésion à la Fédération de Russie, qui aura lieu du 23 au 27 septembre. «Ce référendum était notre rêve et notre avenir commun pendant huit longues années […] Effectivement, nous ne pouvons pas tarder : les nazis kiéviens ont franchi toutes les lignes rouges […] Mais ces provocations nous ont unis [...] Notre force réside dans l’unité et dans notre foi dans un avenir meilleur !», a-t-il déclaré.

Denis Pouchiline, président de la République populaire de Donetsk, s’est adressé aux habitants de la région à l'occasion du référendum d’adhésion à la Fédération de Russie. «Chers compatriotes ! Nous avons attendu ce moment pendant plus de huit ans… Je suis ravi non seulement pour les habitants du Donbass, mais aussi pour la Russie à laquelle adhérera le Donbass insoumis… Chers amis, je m’adresse à chacun d’entre vous avec un respect sincère et avec reconnaissance, je vous remercie pour votre courage, votre fermeté et votre foi en notre grande Patrie», a-t-il déclaré

La question posée aux électeurs est la suivante : «Êtes-vous favorable à l'adhésion de la République populaire de Lougansk à la Fédération de Russie en tant qu'entité constitutive de la Fédération de Russie ?»

Les votes se sont ouverts à 5h GMT (8h à Moscou, 7h à Paris).

Comme annoncé le 20 septembre par l'agence de presse russe RIA, un référendum portant sur une adhésion à la Russie est organisé du 23 au 27 septembre dans les Républiques populaires de Lougansk (RPL, environ 2 millions d'habitants) et de Donetsk (RPD, environ 4 millions d'habitants). Ces deux territoires avaient déclaré leur indépendance vis-à-vis de l'Ukraine en 2014, dans la foulée du coup d'Etat de Maïdan, et ont depuis subi un conflit armé avec Kiev. La RPL et la RPD ont été reconnues jusqu'ici par la Russie, la Syrie et la Corée du Nord.

Les autorités russes des régions de Kherson (environ 1 million d'habitants) et de Zaporojié (environ 1,5 million d'habitants) organisent elles aussi un référendum sur l'intégration de ces territoires à la Fédération de Russie, à partir de ce 23 septembre. L'armée russe a pris le contrôle d'une partie de ces régions, situées en Ukraine, dans le cadre de son «opération militaire spéciale».

Pour rappel, la Russie a lancé son offensive le 24 février dernier avec pour objectif, notamment, de porter secours aux populations du Donbass, qu'elle considérait menacées de «génocide» de la part de Kiev.

Des référendums «fictifs», dénoncent les Occidentaux

De nombreuses autorités occidentales ont décrié la volonté des autorités des Républiques du Donbass – qu'elles ne reconnaissent pas – d'organiser des référendums jugés fictifs et illégitimes. «Les Etats-Unis ne reconnaîtront jamais les prétentions de la Russie sur des parties prétendument annexées de l'Ukraine», avait ainsi déclaré dès le 20 septembre le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan. Il avait également dénoncé des «simulacres de référendums» organisés «hâtivement», selon lui, par la Russie.

Similairement, le chancelier allemand Olaf Scholz a jugé que «ces référendums fictifs [n'étaient] pas acceptables» et le président français Emmanuel Macron a fustigé devant l'Assemblée générale des Nations unies «un retour à l'âge des impérialismes et des colonies» et des scrutins constituant une «parodie».

Dans ce contexte, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a remercié ««tous les amis et partenaires de l'Ukraine pour leur condamnation massive et ferme des intentions de la Russie d'organiser d'énièmes pseudo-référendums» – une référence au rattachement de la Crimée à la Russie en 2014, à l'issue d'un référendum non reconnu par les Occidentaux.