France : la tension monte à l’approche des Départementales 2015

Le palais de l'Elysée© Sergueï Soubbotine Source: RIA NOVOSTI
Le palais de l'Elysée

A la veille des élections départementales, dont le premier tour est prévu le 22 mars prochain, la confrontation entre la gauche et l’extrême droite françaises s’intensifie pour atteindre des dimensions impressionnantes.

Les élections départementales [anciennes cantonales] se dérouleront les 22 et 29 mars 2015 dans tous les départements de la Républiques. Pour la gauche, qui détient actuellement la majorité des conseils généraux, ces élections pourraient devenir une épreuve ultime et une répétition générale avant les présidentielles qui auront lieu en 2017.

Selon les sondages, l’UMP pourrait s’avérer l’un des vainqueurs de la campagne 2015. Mais c’est l’avancée du  (FN), qui s’est retrouvé à un moment en tête des intentions de vote, qui semble inquiéter le plus les socialistes.

Il n’est pas question de douter de la capacité du parti d’extrême droite à s’emparer de l’opinion publique : leurs succès lors des dernières élections, qu’on parle des municipales ou des européennes, en ont fourni la preuve tangible.

C’est pour cette raison peut-être que Manuel Valls a avoué avoir peur «que la  se fracasse contre le FN» qui risquerait de «kidnapper» le pays. En évoquant la cote de popularité du FN de 30 %, il a même utilisé le terme «d'angoisse», qui a été plus tard repris par Marion Maréchal-Le Pen qui s’est adressée au Premier ministre lors de la séance des questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale. La députée FN du Vaucluse a dénoncé l’attitude d’un chef de gouvernement «en campagne aux frais de la princesse» à la veille des élections. Elle s'en est encore pris à différents représentants du PS «qui en trois ans a oscillé entre phobie administrative et faux diplômes».

Manuel Valls a de son côté fustigé «l'outrance et la démagogie» du FN en se justifiant de mener campagne «dans le strict respect des lois du pays». Le Premier ministre a accusé à son tour certains représentants du FN de «tenir des propos antisémites, de tenir des propos racistes, de tenir des propos homophobes, de tenir des propos sexistes» avant de déclarer : «Jusqu'au bout je me battrai pour dire que vous n'êtes ni la République, ni la France».

Il est vrai que la bataille a dépassé les dimensions d’une simple campagne électorale : une enquête pour fraude a été ouverte par l'Office européen de lutte antifraude contre le Front National pour une affaire de salaires versés par les institutions européennes à 20 assistants de parlementaires frontistes qui travaillaient en même temps pour le FN. La présidente du Front National Marine Le Pen a estimé que cette enquête, qui a été ouverte à quelques semaines des élections, avait des motivations politiques.

En savoir plus : Marine Le Pen réfute les accusations de fraude prononcées contre son parti

Le parti de Marine Le Pen a célébré deux victoires importantes en 2014. En septembre, il a réussi pour la première fois à remporter deux sièges au Sénat [la Chambre haute du parlement].

En mai, le Front National qui lutte contre l’immigration et pourfend l’UE, a réalisé le meilleur score lors des élections européennes, décrochant ainsi 24 sièges au parlement de Strasbourg, illustration de la progression des partis d’extrême droite et des eurosceptiques.

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