France

Stade de France : auditionné, Darmanin brandit un faux billet pour persuader les sénateurs (VIDEO)

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a été auditionné par le Sénat le 1er juin au sujet des événements qui ont secoué le Stade de France, le 28 mai. Il est revenu sur la fraude massive de faux billets en brandissant un exemplaire.

Le ministre de l’Intérieur a été auditionné par le Sénat le 1er juin, pour s’exprimer sur l’organisation de la finale de la Ligue des champions au Stade de France et les nombreux problèmes qui ont marqué la soirée, en particulier les faux billets.

«Il y a 2 589 faux billets qui ont été scannés», a affirmé à ce propos Gérald Darmanin dans l’enceinte du Sénat. Il a alors brandi un exemplaire de faux devant les sénateurs pour étayer son propos, en précisant qu’un même billet a pu être dupliqué plusieurs centaines de fois. «Ce qui fait que lorsque dans la confusion des gens sont rentrés parfois dans le stade sans contrôle – parce qu’il y en a eu quelques-uns quand même», a poursuivi le ministre, citant des témoignages sur les réseaux sociaux qui disent : «J’ai le même ticket que quelqu’un, donc je m’assois où ?»

Le ministre a également précisé que lors du pré-filtrage, 15 000 supporters exerçaient des pressions à l’entrée du stade.

Malgré les éléments rapportés par Gérald Darmanin, sa version des faits reste fortement contestée, non seulement en France, mais également au Royaume-Uni. Les professionnels du football se sont ainsi montrés implacables envers le ministre. The Redmen TV, un média indépendant du club de Liverpool, s’est montré particulièrement virulent en insultant le ministre sur Twitter : «Gérald Darmanin est une ordure absolue.»

Du côté politique, outre-Manche, la maire de Liverpool a vivement condamné les accusations faites au supporters du club anglais : «Dégoûtée par l'épouvantable gestion et le traitement brutal des supporters du Liverpool FC par la police française et le personnel du Stade de France lors de la finale de la Ligue des Champions. J'écris au ministère des Affaires étrangères [britannique] Liz Truss pour demander des réponses à l'UEFA et au président Emmanuel Macron d'enquêter. Il est honteux de rejeter la faute sur les supporters.»

Le club de football a, par ailleurs, mis en place une cellule de soutien psychologique : «Nous travaillons avec un certain nombre d'organisations spécialisées dans la santé mentale afin d'offrir un soutien urgent aux supporters suite aux événements survenus lors de la finale de la Ligue des champions.»

En France, Marine Le Pen a réagit le 1er juin sur Twitter : «En plus des lynchages, des violences, des razzias, des témoignages indiquent que des agressions sexuelles ont eu lieu samedi soir au Stade de France. La situation était hors contrôle et Gérald Darmanin se refuse à dire la vérité sur ce que tout le monde a très bien vu et compris.»

Le député européen Gilbert Collard a quant à lui réagi au refus de Gérald Darmanin de communiquer les nationalités des personnes interpellées : «Après avoir stigmatisé les supporters anglais, Darmanin refuse de citer les nationalités des suspects interpellés : il sonne plus faux qu'un faussaire avec sa "nauséabondite" !»

Une séquence sur laquelle est également revenue Paul Melun, président de Souverains demain !, estimant le procédé «fallacieux».

Eric Zemmour a pour sa part estimé que «Saint-Denis n’est plus la France. Ce ne sont pas des débordements comme le dit [Gérald] Darmanin, c’est un système. Partout en France des Français ont peur d’être agressés, volés, violentés, tués».

Jean-Luc Mélenchon a quant à lui réagi à l'audition de Gérald Darmanin par le Sénat, raillant au passage le syndicat de police Alliance au sujet de l'usage «abusif» de gaz lacrymogènes sur les supporters. «Notre pays n'arrive plus à assurer la sécurité d'un match de foot. Il est temps de changer les méthodes et les chefs. Dans 3 semaines, si je suis élu, [Gérald] Darmanin et le préfet [Didier] Lallement s'en vont», a-t-il tweeté également.

La gestion par la police des événements a d'ailleurs fait l'objet de deux saisines de l'IGPNDans le rapport produit par Gérald Darmanin, il est estimé que plus de la moitié des billets étaient faux, «ce qui a bloqué l’entrée de plusieurs milliers de supporters britanniques». 6 800 agents et sapeurs-pompiers assuraient la sécurité de l’événement, dont 29 unités de forces mobiles selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. 81 personnes ont été interpellées aux abords du stade et alentours, selon les chiffres communiqués par le ministère.