En Ile-de-France, seuls 4% des blocs opératoires seraient fermés à cause du Covid-19

Des infirmières dans une unité de soins intensifs de l'hôpital Delafontaine à Saint-Denis© Alain JOCARD Source: AP
Des infirmières dans une unité de soins intensifs de l'hôpital Delafontaine à Saint-Denis, près de Paris, le 29 décembre 2021.
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Alors que 17% des blocs étaient fermés sur la semaine du 17 au 23 janvier, seuls 3% l’étaient pour redéploiement du personnel à cause du Covid, et 1% en raison de l’absence de personnel infecté par le virus, selon des documents fournis par l'AP-HP.

Les déprogrammations d'actes chirurgicaux sont-elles vraiment dues au Covid ? C'est la question à laquelle a tenté de répondre l’épidémiologiste Alice Desbiolles en analysant des données de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui gère les établissements en Ile-de-France. Il en ressort que les fermetures de blocs opératoires seraient plutôt dues à un manque chronique de personnel. 

Dans un tweet publié le 27 janvier, Alice Desbiolles a analysé un document de l'AP-HP intitulé «tableau de bord Covid-19», et a formulé ses conclusions en ces termes : «Selon l’AP-HP, 18% des salles de blocs opératoires sont fermées. Seulement 4% pour cause Covid [...] Les autres fermetures s’expliquent majoritairement par des postes vacants au bloc». «Les déprogrammations qui en découlent n’ont rien à voir avec les patients Covid, vaccinés ou non», en a déduit l'épidémiologiste. 

Le reste des fermetures au bloc, soit 13% des salles, est bien dû à la vacance des postes

«La Vérification» du Figaro affirme avoir eu accès à ce PowerPoint de l'AP-HP daté 24 janvier et qui, selon l'établissement public contacté par le quotidien, n'avait «pas vocation à être rendu public». «La Vérification» confirme l'analyse Alice Desbiolles : «Durant la semaine du 17 au 23 janvier, parmi les 17% des salles fermées, 3% l’ont été pour redéploiement du personnel à cause du Covid, 1% pour l’absence du personnel infecté par le virus. Le reste des fermetures au bloc, soit 13% des salles, est bien dû à la vacance des postes, indique l'AP-HP elle-même.»

Un problème «structurel et ancien»

Interrogé par Le Figaro, le chef du service d'urologie de l'hôpital Cochin à Paris, Michaël Peyromaure, affirme que ces chiffres «confirment ce que [les] chefs de service [sont] nombreux à constater». Le médecin explique qu'il arrive régulièrement qu'une salle d'opération ferme pour absence d'infirmière, contraignant à annuler trois ou quatre interventions au dernier moment. Mais, selon lui, le Covid-19 n'y est pour rien : «Cela n'arriverait pas si nous avions comme avant deux infirmières par salle d'opération, un instrumentiste et une circulante. Comme nous n'avons plus d'instrumentiste par économie de personnel, nous fermons la salle à la moindre absence. Le problème est structurel et ancien !».

Une analyse confirmée par le président de la CMEL des hôpitaux universitaires Paris Seine-Saint-Denis, lui aussi interrogé par le quotidien : «Au début de la pandémie, on réquisitionnait nos lits pour de la réanimation de cas Covid. C'est tout à fait différent aujourd'hui [...] Vous avez des lits, des salles entières qui ferment, comme effet chronique des deux années qui ont déstructuré nos services».

Ils nous inondent de chiffres épidémiques sur le nombre de cas, de tests effectués, d'entrées et sorties Covid pour nous leurrer

«On sait qu'il y a une grosse fuite du personnel titulaire pour conditions de travail. Cela, le Covid n'y est pour rien, mais ils nous inondent de chiffres épidémiques sur le nombre de cas, de tests effectués, d'entrées et sorties Covid pour nous leurrer», dénonce quant à lui Olivier Cammas, responsable de l'Usap-CGT, un syndicat de l'AP-HP.

Dans une interview publiée dans Les Echos en décembre dernier, le directeur général de l'AP-HP Martin Hirsch reconnaissait ce manque structurel de personnel et craignait qu'Omicron ne provoque «un risque d'absences doublé par rapport au risque habituel». «Un peu comme si Omicron menaçait de retirer 1000 à 1500 infirmiers de nos établissements – sachant qu'il en manque déjà autant», avait-il expliqué. Rappelons que les personnels soignants non vaccinés contre le Covid, même s'ils sont testés négatifs, ne peuvent plus travailler.

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