France

Mélenchon demande une réforme du système des 500 parrainages pour la présidentielle

Le chef de file de LFI, et candidat à l'élection présidentielle, a milité pour une réforme du système des 500 parrainages avant le scrutin d'avril. Selon lui, la fin de l'anonymat des parrains permet d'«exercer des pressions» sur certains élus.

Jean-Luc Mélenchon a demandé le 10 janvier une réforme rapide du système des 500 parrainages d'élus nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle, estimant que ce «filtre est devenu un couperet». Le candidat Insoumis avait déclaré la veille avoir pour l'heure réuni près de 400 parrainages.

Le 10 janvier en conférence de presse à son QG parisien il a dit avoir observé un «ralentissement des parrainages» depuis plusieurs élections, parce qu'«on a souvent confondu l'idée de parrainer avec celle de soutenir : on ne soutient pas mais on estime qu'un candidat est représentatif d'un courant d'idées dans le pays».

Il a cité la candidate LR Valérie Pécresse qui, dans la matinée, a développé la même idée pour défendre le droit d'Eric Zemmour, aussi en difficulté affichée pour réunir le précieux sésame, à se présenter.

La réforme de 2016 a été menée pour «exercer des pressions», selon Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon a mis en cause une réforme de 2016 poussée par Manuel Valls, alors Premier ministre, stipulant que le Conseil constitutionnel publie les noms des parrains au fur et à mesure. «Rétablissons l'anonymat des parrainages que Hollande et Valls avaient supprimé dans le but d'exercer des pressions», a-t-il lancé, estimant qu'il était possible de passer une loi organique «avant le 27 janvier» pour ce faire.

Il a aussi sollicité un rendez-vous avec le président LR du Sénat Gérard Larcher, «représentant des collectivités locales, pour qu'il fasse un appel, redise la règle que le parrainage ne signifie pas soutien».

Jean-Luc Mélenchon s'est aussi adressé aux maires de gauche qui se sont groupés pour refuser de donner leur parrainage sans union de la gauche, morcelée en cinq candidatures principales. «Je leur demande amicalement, et fraternellement pour certains, de faire que l'ensemble de l'arc puisse être présent à l'élection.» Selon le chef de file des insoumis, avec leur refus actuel, «ils favorisent les partis constitués.» L'absence d'un candidat comme lui, qui a réuni près de 20% des suffrages exprimés en 2017, pourrait selon Jean-Luc Mélenchon entraîner davantage d'abstention.

Dans le même esprit, il a également demandé au gouvernement de faire une «campagne publique, notamment numérique, pour l'inscription sur les listes électorales, de la même manière qu'il le fait pour le vaccin».

Il a enfin demandé que soit relevé le plafond des dépenses pour la présidentielle, «de 5 ou 10%», en raison des dépenses liées au Covid-19. 

Le candidat Insoumis va notamment faire distribuer des masques FFP2 aux 3 000 à 4 000 militants de son meeting de Nantes, prévu le 16 janvier.