France

Propos de Macron sur les personnes non vaccinées : des sondages qui se contredisent ?

Les récents propos d'Emmanuel Macron sur les non-vaccinés sont évoqués dans la présentation des derniers sondages sur la popularité du chef de l'Etat ainsi que sur les intentions de vote des Français à 4 mois de l'élection présidentielle.

En expliquant a posteriori «assumer totalement» ses propos visant les personnes non vaccinées, qu'il a entre autres expliqué avoir «très envie d'emmerder [...] jusqu'au bout», Emmanuel Macron a confirmé que cette formule disgracieuse n'avait rien d'un dérapage.

Opération choc en amont d'une campagne présidentielle qui s'annonce agitée ? En tout état de cause, cette sortie fracassante est évoquée dans les derniers sondages portant sur la popularité du chef de l'Etat. A ce stade, leur interprétation apparaît pour le moins confuse.

Des tendances qui s'opposent

«Emmanuel Macron paie cash sa sortie sur les non-vaccinés», a titré le 7 janvier le Huffington Post, en révélant son analyse d'un sondage commandé en exclusivité auprès de l'institut YouGov, selon qui 57% des Français ont été choqués par la déclaration du président de la République.  

«Pendant que la polémique saturait l’espace médiatique, le Huffington Post a demandé à l’institut de sondages de relancer un panel, afin de voir si les propos du chef de l’Etat avaient affecté sa popularité. Et le résultat est sans appel. Entre mardi 4 et vendredi 7 janvier, Emmanuel Macron a perdu 4 points, soit quasiment deux points par jour de polémique», détaille par ailleurs le site d'actualités.

L'analyse du Huffington Post s'appuie en partie sur le fait que contrairement aux corrélations habituelles entre les côtes de popularité du président et de son Premier ministre, l'image de Jean Castex n'a cette fois visiblement pas suivi la glissade de celle Emmanuel Macron, dont la côte est passée à 31% d'opinions favorables depuis sa déclaration (contre 35% le mois précédent).

Cependant, d'autres médias, tels que Le Parisien, ont quasi simultanément obtenu les résultats d'autres sondages qui, révélés avec la même «exclusivité», témoignent d'une tendance opposée. 

«EXCLUSIF. Selon notre enquête Ipsos-Sopra Steria pour Le Parisien - Aujourd’hui en France et France Info, Emmanuel Macron ne semble pas pâtir de sa phrase face à nos lecteurs sur les non-vaccinés qu’il "a très envie d’emmerder"», annonce en préambule le quotidien francilien.

A en croire Le Parisien – où Emmanuel Macron a tenu ses propos controversés –, la récente déclaration du président de la République n'a pas eu sur lui d’effet négatif. 

«Elle solidifie même son électorat», explique Brice Teinturier, le directeur général d’Ipsos ici cité par le même quotidien, selon qui le chef de l'Etat aurait, après cet épisode, gagné un point concernant les intentions de vote au premier tour si l’élection avait lieu dimanche.

Quoi qu'il en soit, la formule disgracieuse d'Emmanuel Macron a radicalisé un peu plus le débat déjà très sensible sur la campagne de vaccination dans le pays. Face à la polémique montante, le porte-parole du gouvernement a pour sa part défendu bec et ongles les propos tenus par le chef de l'Etat, allant jusqu'à imputer la saturation des services de santé et la crise économique à «ceux qui s'opposent au vaccin». La position de l'exécutif sur la question des non vaccinés a suscité de nombreuses réactions politiques simultanément à l'adoption par les députés, en première lecture, du texte transformant le pass sanitaire en pass vaccinal. Conformément à la navette parlementaire, le projet de loi doit désormais être examiné par les sénateurs.