«Soulagement», «gâchis» : accusé de prosélytisme, un instituteur commente sa réhabilitation

«Soulagement», «gâchis» : accusé de prosélytisme, un instituteur commente sa réhabilitation

Sanctionné pour avoir fait travailler ses élèves sur la Bible, Matthieu Faucher a traversé une tempête juridique qui a soufflé jusqu'au ministère de l'Education nationale. Il a obtenu gain de cause devant la cour administrative d'appel de Bordeaux.

«[Matthieu] Faucher n’a, à aucun moment, manifesté une quelconque croyance religieuse dans l’exercice de ses fonctions d’enseignant » : la cour administrative d'appel de Bordeaux a ordonné, le 17 décembre 2020, la levée des sanctions prises à l'encontre de l'instituteur Matthieu Faucher qui, en 2017, avait été fait l'objet d'une mutation disciplinaire pour avoir fait travailler ses élèves sur des textes de la Bible. Matthieu Faucher, est revenu aujourd'hui à l'antenne de RT France sur cette «folle procédure» lancée contre lui. 

Le professeur a raconté avoir proposé aux élèves une «vingtaine de textes de l'Ancien et du Nouveau Testament, à cheval sur les religions juives et chrétiennes», piochés pour la plupart dans des manuels scolaires. 

«Mon idée était d'apporter à mes élèves une culture dont ils ont besoin, qui est absolument nécessaire pour comprendre notre histoire, notre civilisation, notre littérature», a déclaré le professeur, définissant la Bible comme un des «socles de notre civilisation». 

«Si dans 20 ans plus personne n'est capable de comprendre une ligne de Victor Hugo, en tant qu'enseignant je m'en sentirai responsable», a-t-il justifié. 

L'instituteur affirme aujourd'hui ressentir «un très grand soulagement et en même temps un sentiment de profond gâchis». Il a déclaré ne pas être en mesure de répondre à la question de savoir si il allait réintégrer son établissement de Malicornay (Indre) où il enseignait aux élèves de CM1 et CM2. 

Si dans 20 ans plus personne n'est capable de comprendre une ligne de Victor Hugo, en tant qu'enseignant je m'en sentirai responsable

Le professeur avait été accusé anonymement en 2016 de proselytisme religieux pour sa présentation de texte de la Bible aux enfants. Il a été ensuite fait l'objet d'une mutation disciplinaire dans le cadre de cette affaire. 

En 2019, après avoir été une première fois blanchi par le tribunal administratif de Limoges (Haute-Vienne), l'affaire a pris une tournure nationale avec un recours déposé, selon l'enseignant, par le cabinet du ministre de l'Education nationale contre cette décision.

Définitivement mis hors de cause, l'enseignant juge désormais que son cas a révélé un «grave dysfonctionnement dans la hiérarchie» de l'Education nationale. 

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