Hubert Védrine : Il faudra «inévitablement» déployer des troupes au sol contre Daesh

Hubert Védrine© Reuters Photographer Source: Reuters
Hubert Védrine

Pour parvenir à vaincre l'organisation terroriste Etat islamique et non pas seulement la freiner, l'ancien ministre français des Affaires étrangères estime qu'il ne faudra pas limiter l'intervention à des frappes aériennes.

Selon Hubert Védrine, qui a donné une interview publiée dans le journal russe Kommersant, ce déploiement au sol ne sera possible que si plusieurs conditions sont remplies. D'abord, la coalition internationale devra comprendre non seulement les pays occidentaux mais également la Russie, la Turquie et les Etats arabes. 

Ensuite, Hubert Védrine a ajouté que pour disposer d'une légitimité complète, une telle opération nécessitera au préalable un mandat du Conseil de sécurité de l'ONU.


Cependant l'ancien ministre français des Affaires étrangères de Lionel Jospin estime qu'il faudra défendre avant tout la négociation d'une solution politique «en Irak et surtout en Syrie».

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Questionné également sur les frappes russes en Syrie, Hubert Védrine a répondu qu'«à elles seules, elles ne changeront rien mais qu'elles peuvent constituer la première étape pour une plus large discussion».

En ce qui concerne le sort de Bachar el-Assad, il juge peu probable que la position des chancelleries occidentales sur le président syrien puisse évoluer. Reste que, selon lui, «la question de l'avenir de la Syrie doit être discutée indépendamment du sort son président actuel, sinon nous resterons coincés. Il y a des nuances : par exemple, les réalistes sont prêts à accepter le fait qu'il doit partir, pas maintenant, mais plus tard, progressivement».

Cette interview est publiée alors que la Russie a annoncé avoir mené de nouvelles frappes contre dix bases du groupe Etat islamique en Syrie au cours des dernières vingt-quatre heures. Moscou affirme que ses frappes sont dirigées uniquement contre le groupe Daesh, mais Ankara et ses alliés occidentaux ont accusé le Kremlin d'avoir concentré ses attaques sur l'opposition syrienne modérée.

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