Bretagne : des milliers de manifestants battent le pavé contre le plan social annoncé par Nokia

Bretagne : des milliers de manifestants battent le pavé contre le plan social annoncé par Nokia© Damien MEYER Source: AFP
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Manifestation à Lannion, le 4 juillet 2020.

La ville de Lannion a vu défiler entre 3 500 et 5 000 citoyens, mobilisés contre les suppressions de postes annoncées par Nokia. Les manifestants en appellent aux pouvoirs publics afin de stopper le plan social du troisième employeur de la ville.

A l'appel de l’intersyndicale Nokia et des syndicats locaux, une manifestation a eu lieu ce 4 juillet à Lannion (Côtes-d'Armor), commune directement concernée par le plan social qu'a annoncé le groupe finlandais et qui pourrait déboucher sur 1 233 suppressions de postes en France, dont la moitié en Bretagne.

Comme le rapporte Ouest-France, l'appel à manifester a été largement diffusé dans le Trégor, cette région qui enserre Lannion. «La mobilisation concerne, au-delà d'une entreprise, toute une communauté qui a fait des télécoms, et plus largement des nouvelles technologies, une spécialité», explique le quotidien régional. Selon l'AFP, entre 3 500 et 5 000 citoyens ont battu le pavé dans la matinée.

«Plusieurs milliers de personnes vont maintenant quitter le quai d'Aiguillon après les prises de parole», a par exemple commenté le journaliste Sylvain Ernault, vidéo à l'appui. 

«Le Trégor debout contre les suppressions d'emploi», «En dix ans, c'est le treizième plan» ou encore «Jeunes embauchés, déjà virés», pouvait-on lire sur les banderoles ou pancartes brandies par les manifestants, comme le rapporte l'AFP.

«Délocalisations, non, non, non... Des emplois dans le Trégor, oui, oui, oui», ont par exemple scandé les manifestants pendant leur parcours.

Ainsi que le relève Ouest-France, la nouvelle diminution des effectifs annoncée par Nokia – troisième employeur de la ville de Lannion – correspond au quatrième plan social de l'entreprise depuis qu'elle a racheté Alcatel-Lucent en 2016. Les trois précédents plans avaient touché les fonctions support alors que, dans celui-ci, c'est la recherche et le développement (R&D) qui sont concernés «à 95%», ont souligné des syndicalistes cités par l'AFP.

Pour les syndicats, le plan actuel mènera inéluctablement à terme à la disparition du site de Lannion, qui emploiera moins de 400 salariés s'il est mis en application, mais aussi à la disparition de Nokia du paysage industriel français.

C’est presque une ville qu’on assassine quelque part

«C'est une trahison, envers les salariés, envers le territoire, envers les pouvoirs publics [...] le pouvoir politique doit agir contre ces trahisons», a déclaré Bernard Trémulot, délégué central CFDT. Avec le départ de Nokia, «Lannion, bastion historique des télécommunications, perdrait une partie de son identité», a-t-il en outre affirmé lors d'une prise de parole avant le début de la manifestation.

«C’est presque une ville qu’on assassine quelque part, parce que c’est le troisième employeur de la ville qui est presque en passe de liquider son site», a pour sa part déclaré à l'AFP le maire de Lannion, Paul Le Bihan (PS). «C’est intolérable. Une ville de 20 000 habitants ne peut pas encaisser ce genre de plan», a-t-il commenté. 

Dans la manifestation, qui s'est terminée vers 13H00, plusieurs élus arborant leur écharpe tricolore étaient présents. Mais aussi des représentants du site de maintenance Hop! de Morlaix (Finistère), à quelques dizaines de kilomètres, menacé de fermeture avec 276 suppressions d'emplois à la clé.

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